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L’éditorial de Jacques de Guillebon : Cette princesse qui s’appelle la France

Le numéro 38 est disponible depuis ce matin, en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. La rédaction de L'Incorrect vous souhaite une belle et sainte année 2021.

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Notre bon président nous a encore enfaribolés, fidèle à ses fondamentaux, qui sont de plaire à tout le monde en tout temps, à tout prix, et pour un résultat nul. Bien loin d’un Jupiter rêvé réglant de son foudre l’ordre de l’univers et le sort de l’homme, il se régale de ses inter­ventions médiatiques, un jour en vidéo, le lendemain dans un magazine des années 60, où il ne fait qu’énoncer des demi-vé­rités, destinées à calmer les ardeurs d’un peuple énervé. Aussi, encore une fois, celui qui répète toute la journée qu’il est le chef ne l’est pas, pour cette même raison : il commente l’actualité, comme tout un chacun au PMU, assortissant son propos de références de khâgneux qui ne trompent plus per­sonne. Bref, il se commente lui-même. De sorte que, comme on le sait au moins depuis Debord, il n’y a plus d’extérieur : si c’est gratuit, c’est que c’est lui le produit. Macron est le pro­duit de la démocratie, il en jouit, et n’a donc rien à dire, sinon qu’elle est belle, cette démocratie – forcément, parce que c’est lui, la démocratie.

Qu’est-ce qu’on va faire de lui ? se demanderait-on spontanément. Mais la vraie ques­tion est plutôt : qu’est-ce qu’on va faire de nous ? Parce que ce que démontre ce temps, c’est que nous ne sommes dignes de rien. Pas de la démocratie, ce qui n’est pas grave, la démocratie n’est pas grand-chose en soi, et une très fausse conquête de l’homme : tout juste un cadeau de Noël nul pour élève médiocre qui n’a pas écouté en classe. Pour être humain sans foi, sans Dieu, sans amour, sans lit­térature, sans art, qui se console avec des grands mots professés par des Robes­pierre, des Gambetta, des Ferry, des Clemenceau : autrement dit des ordures couvertes de sang jusqu’au coude.

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Notre forteresse de certitude

Mais dignes non plus de ces vraies grandes choses que sont la tradition, l’histoire, la vérité, la grandeur, bref : de la France. Nous en sommes réduits ou à commenter le taux de repro­duction du virus, ou, pire, à débattre avec des gens qui veulent nous tuer, prendre notre place et cherchent à faire croire dans le même temps qu’ils sont les victimes. Un peu comme si le chef mafieux venait chez moi m’expliquer que ma fille est la sienne et qu’en plus je devrais le dédommager.

Les décoloniaux, comme ils s’appellent – comme s’ils avaient fait quelque chose dans cette histoire (fors les Asiatiques, Indochinois pour nous, Indiens pour les Anglois, Chinois en général, par exemple qui, eux, se sont réellement décolonisés tous seuls) – les décoloniaux donc, peuples de faibles histori­quement que notre amour du faible a justement libérés, pour leur plus grand malheur présent puisqu’ils n’en ont rien fait, ces gens-là ont décidé d’en découdre et de nous faire payer jusqu’au dernier centime ce qu’on ne leur doit pas : pourquoi et dans quel but ? On répond rarement à cette question. Le descendant de colonisés est supposé victime. Mais de quoi ? Nul ne sait, puisqu’il est logé, nourri, éduqué, aux frais de cette princesse qui s’appelle la France. Dans le fond, leur souci demeure dans le fait qu’ils nous doivent tout, et nous rien, dans l’autre sens. Pourquoi ? Parce que l’universel, c’est nous.

Ce qu’on a appelé l’universel, qui est une lourde charge à porter, une très lourde charge que nul n’a tenté de porter avant nous ; qui suppose de rester soi en amé­liorant l’autre

Pas tant que nous ayons inventé la roue, le livre, le moteur à explosion et le vaccin – pas du tout, même si c’est vrai : mais dans le fond que depuis saint Paul, le disruptif absolu, nous ayons compris que la terre entière est à évangéliser. Et qu’il s’agit d’apporter aux peuples, comme le merveilleux Louis XVI le disait à son bon monsieur de La Pérouse, les bons fruits et bons légumes de la terre de France, mais sur­tout l’amour de la liberté, de l’ordre et de la vérité. Ce qu’on a appelé l’universel, qui est une lourde charge à porter, une très lourde charge que nul n’a tenté de porter avant nous ; qui suppose de rester soi en amé­liorant l’autre. Or, non seulement l’autre contemporain ne veut plus être amélioré, il veut juste profiter, mais nous-mêmes nous sommes perdus dans cette aventure.

Rien de grave : on se perd bien soi-même dans une aventure amoureuse, dans le mariage, l’engendrement, pour un bien supérieur. Reste que nous sommes le père, et personne d’autre, et que ça se respecte. Et le ridicule Macron ne le sait pas, ça, parce qu’il n’est père de rien, ni d’en­fants, ni de la France, ni d’idées, et qu’il n’a sans doute jamais donné cinq francs à un pauvre. Romaric Sangars m’a soufflé cette phrase inouïe de Rivarol : « Tout le monde a besoin de la France, quand l’Angleterre a besoin de tout le monde ». Donc : qu’on nous insulte, nous tourne en ridicule : bof, rien de bien grave. Mais qu’on redise partout, même si l’on n’en pas envie, juste parce que c’est vrai : que vive cette princesse qui s’appelle la France, sans quoi rien n’est possible.

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