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L’enchanteur pourrisseur

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Publié le

14 novembre 2018

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@DR MITTERAND

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« D’ailleurs, avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde ». (Flaubert – Madame Bovary)

 

La gauche reste envoûtée par François Mitterrand. Elle a même réussi l’exploit de l’imposer aux ingénus – en France de plus en plus nombreux – comme l’égal du général De Gaulle. Un examen rapide du parcours de « Tonton » inclinerait à davantage d’humilité ; une enquête plus sérieuse soulèverait le cœur : Mitterrand fut le pourrisseur en chef de la nation française.

On a vanté ses talents politiques, confondant stratégie et tactique, grande politique et manœuvre politicienne ; il ne brilla que dans ce dernier registre. Machiavel, certes, mais de sous-préfecture. D’ailleurs, depuis son règne, la France s’est rétrécie tout entière à l’échelle d’une sous-préfecture. S’il eut le génie de l’arrivisme, il ne fut jamais visionnaire ou créateur; rien qu’en politique étrangère ses bévues s’alignent sinistrement comme les plants de betteraves dans un champ picard : dissolution de la France dans le magma maastrichien, enrôlement servile dans la première guerre du Golfe, atermoiements criminels lors de la guerre de Yougoslavie, soutien aux putschistes russes, et que dire de la réunification allemande qu’il n’a pas su prévoir! Mais il y a plus grave : pour son bénéfice personnel, il a ravivé les vieilles querelles françaises, puisé sans vergogne dans « cet énorme magasin de rancunes » (Bernanos) pour mieux affermir l’emprise de sa camarilla de gauchistes friqués.

 

Lire aussi : quand la gauche collaborait

 

En cultivant à son profit le traumatisme collectif des « heures-les-plus-sombres », il a même réussi l’exploit de se psychanalyser aux dépens du pays, transaction perverse dont nous subissons les interminables conséquences. Mais qu’importe la paix civile ! Qu’importe si la France, minée par d’antiques divisions, succombe à la première épreuve, ou si, au comble du dégoût, cède au désir de mort ! Une seule chose lui importa : conserver le pouvoir pour en user selon son bon plaisir. De ce point de vue, il fut le premier président hédoniste de la Ve République, mais à sa manière, retorse et perverse. « Il n’aime rien tant que fixer une règle de conduite personnelle ou collective pour la violer aussitôt, de préférence secrètement » rappelait Paul Yonnet. Ainsi, « Tonton » s’indigne l’après-midi aux côtés d’Harlem Désir sur la scène d’un concert de SOS racisme pour mieux dîner le soir même avec René Bousquet. François-la-francisque, ce frémissant gourmet !

Avec élégance, il aura incarné le pire d’un certain esprit français, raison pour laquelle il fascine encore. Mitterrand, c’est la France « à qui on ne la fait pas »: roublarde, inapte à la grandeur, économe et jouisseuse, bravache et chicanière, tout entière confite dans le saindoux de son pragmatisme court. Un nihilisme pépère à chapeau mou. Pour notre malheur, il aura donné le ton, servi d’exemple à des myriades de « décideurs », disciples énamourés qui pullulent toujours dans les entreprises, les médias, les institutions. « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas » avait promis le vieux sorcier, peu avant sa mort.

ll faut qu’il parte.

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