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Il fait partie de ces députés discrets et travailleurs que la République peut encore s’honorer de compter. Loin de la lumière médiatique des plateaux télé qui dilatent les égos, Xavier Breton nous reçoit dans son bureau du 101 rue de l’Université, où s’empilent les rapports parlementaires. L’homme est sobre, courtois et sans artifice. La prudence paysanne qui émane de ses propos nous signale qu’il est un élu de province, de cette France périphérique qui reste la grande oubliée des politiques publiques des cinquante dernières années.
Prudent, certes, mais homme de convictions. À 55 ans, le député LR de la 1ère circonscription de l’Ain, en est à son troisième mandat. Et depuis 2016, il siège également au Conseil régional Rhône-Alpes Auvergne et a dû, pour cela, démissionner de son poste de conseiller municipal de Bourg-en-Bresse pour se mettre en conformité avec la réglementation sur le cumul des mandats. Quand on lui demande s’il comprend les députés LREM qui se plaignent de leur charge de travail, il hausse les épaules et rappelle que la politique est le service du bien commun, qui relève d’une vocation plus que d’un métier. Certains nouveaux députés ne l’ont peut-être pas encore compris, ajoute-t-il. En février 2016, celui qui se revendique ouvertement catholique participe à une lecture à trois voix de l’encyclique du pape François Laudato si avec le cardinal Philippe Barbarin, primat des Gaules, et le maire de Grenoble, Éric Piolle. Il s’agit de montrer qu’en un tel domaine, les clivages partisans ne sont pas de mise, précise-t-il.
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Soutien actif de La Manif pour Tous, c’est lui qui anime l’Entente parlementaire pour la famille, un collectif informel constitué en 2012, afin de lutter contre les entreprises de déconstruction de la famille. L’annonce d’une potentielle extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules pourrait réactiver ce réseau dormant. Car pour Xavier Breton, « on ne peut accepter de priver délibérément un enfant de père. En plus, au nom de l’égalité, cela débouchera sur la GPA ». Devant l’importance de ces questions, Xavier Breton a demandé au président de l’Assemblée nationale la création d’une mission d’information parlementaire sur la bioéthique, afin de pouvoir prendre le temps d’approfondir les enjeux hors de toute polémique. Demande obtenue ; la commission s’est réunie pour la première fois le 10 juillet dernier et il en est le président. Ce qui le hante, c’est le développement d’une pseudo-anthropologie qui tente d’ignorer la réalité corporelle de l’homme. « Un des grands enjeux, c’est de remettre le corps au centre du débat, loin de toute réflexion désincarnée. Je suis pour une bioéthique qui soit corporelle. Avoir un enfant, c’est un homme et une femme qui s’aiment et s’unissent charnellement, c’est une grossesse, un accouchement ». On est effectivement loin de la PMA…
Eloge du personnalisme
Il s’anime quand il entend certains affirmer « mon corps m’appartient », sur fond de revendication euthanasique ou de féminisme radical. « Non, je ne fais pas ce que je veux de mon corps. Je n’en ai pas la libre disposition. Je ne peux, par exemple, vendre mon rein ou mon sang. Je combats l’idée que notre corps nous appartient. S’il nous appartient, cela veut dire qu’on pourrait le vendre. Nous sommes notre corps. Il n’est pas du domaine de la propriété ni de l’avoir mais de l’être. Sinon, on entrerait dans la logique de la marchandisation des organes, de la prostitution ou encore de la GPA ». Sur ces questions, comme sur beaucoup d’autres, y a-t-il deux droites irréconciliables, l’une libérale-libertaire, l’autre enracinée ? « Peut-être qu’il y a une droite libérale individualiste qui se retrouve dans ce que peut faire Emmanuel Macron. Mais il y a aussi une autre droite qui ne souhaite pas le développement d’un capitalisme débridé et se retrouve davantage dans l’ordo-libéralisme (libéralisme régulé) et le personnalisme ».
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Défendre la personne enracinée contre l’individu abstrait et interchangeable, voilà le credo de celui qui affirme trouver dans les écrits de Karol Wojtyla (il appelle ainsi Jean-Paul II car c’est le philosophe qu’il désigne ici) la source de son inspiration politique. « L’homme est plus vieux que l’État parce que la personne humaine et toutes les communautés auxquelles elle appartient sont antérieures à toutes les formes d’organisation politique. C’est donc avec modestie que l’État doit intervenir dans la vie des gens ». « Ne soyons pas des objets de consommation d’un marché libéral ou d’un État totalitaire! », affirme-t-il en guise de conclusion. On voit effectivement peu de parlementaires disposer d’une telle hauteur de vue et défendre avec autant de conviction la dignité de la personne humaine et la conception traditionnelle de la famille. Souhaitons-lui de pouvoir convaincre ses collègues le jour où viendra la discussion parlementaire à l’hémicycle.
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