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La Pendue : rêver avec Carax

Splendide, dément, grandiose, l’opéra rock de Leos Carax a ouvert, hier, le festival de Cannes par un extraordinaire feu d’artifices. Dans cette comédie musicale dont la musique et le scénario originaux sont signés par le groupe américain The Sparks, les rôles principaux sont tenus par Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Hilberg, et comme l’ont découvert hier les premiers spectateurs du film… une marionnette. Telle est l’étrange actrice qui joue le rôle éponyme du film Annette. Nous avons interviewé ses concepteurs : Estelle Charlier et Romuald Collinet, de la Compagnie La Pendue, pour qu’ils nous éclairent sur cette expérience fascinante.

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© Annette

Pourquoi Leos Carax a-t-il voulu une marionnette comme personnage principal plutôt qu’une actrice ou un hologramme ? 

Romuald Collinet : Le scénario de base provenait du groupe Les Sparks et dans ce scénario, le personnage d'Annette est une enfant âgée de 0 à 5 ans tout au long de l'histoire. Il était difficile de le faire interpréter par une comédienne, d'autant que l'enfant en question possède des pouvoirs surnaturels. L'équipe a commencé à avancer sur la piste des images de synthèse, mais une marionnette correspondait mieux à la poésie que visait Leos Carax. Ils ont donc cherché des marionnettistes pendant trois ans, je crois, et à l'autre bout du monde pour finalement rencontrer Estelle à Paris.

Et comment cette rencontre s’est-elle déroulée ? 

Estelle Charlier : Au début, Leos Carax cherchait plutôt des manipulateurs que des constructeurs. Il avait déjà beaucoup de propositions et il n'avait donc pas encore choisi son sculpteur pour le visage d'Annette. Son modèle de départ, c'était la photographie d'une petite fille ukrainienne qu'il avait rencontrée vingt ans plus tôt. Son visage très particulier m'a également fascinée. Je lui ai donc proposé de tenter quelque chose, et quelques semaines plus tard, quand je lui ai envoyé les photos de ma création, il a été touché, parce qu'il les trouvait très expressives et c'est ainsi que j'ai rejoint l'équipe.

Le surgissement du visage n’a donc pas été immédiat… 

E.Charlier : Non mais je me souviens qu'à la première réunion à laquelle j'ai assisté, Leos avait déjà presque adopté le demi masque d'Annette que j'avais élaboré. Elle paraissait cependant trop âgée et il y avait, bien sûr, des retouches à faire. Ce prototype fonctionnait, mais j'ai vite pris conscience que ce chantier marionnette était énorme, qu'il me fallait du soutien, alors j'ai présenté Romuald à Leos et son ancien producteur.

Avez-vous déjà eu une première expérience du cinéma et connaissiez-vous l’univers si singulier de Carax ? 

E.Charlier : J'ai été comédienne dans des courts-métrages, étant plus jeune, c'est pratiquement ma seule expérience dans le cinéma. Je suis une spectatrice dévouée et j'admirais Carax depuis toujours, j'attendais ses films avec impatience. [...]

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