« Historien du dimanche », au sens noble que lui donnait Philippe Ariès, Sylvain Roussillon s’était fait remarquer ces dernières années pour ses travaux originaux sur les volontaires internationaux engagés dans les rangs franquistes et sur la guerre anglo-américaine de 1812. Dans la lignée des travaux de l’africaniste Bernard Lugan, auteur de la postface du livre, il nous présente aujourd’hui un remarquable ouvrage de synthèse sur un empire colonial oublié, celui bâti par l’Allemagne des Hohenzollern de 1884 à 1918. Ses possessions très éclatées recouvraient plus de 2,9 millions de km2 et abritaient une population de 13,2 millions d’habitants indigènes pour 24 000 colons allemands seulement.
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On y trouvait en Afrique la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Togo, le Cameroun et la Namibie. S’y ajoutait le comptoir de Tsingtau en Chine (à l’origine de la marque de bière Tsingtao) ou encore les îles Samoa et la Nouvelle-Guinée en Océanie. Malgré des combats épiques durant la Première guerre mondiale, auxquels participèrent des troupes coloniales (comme les Askaris originaires d’Afrique orientale allemande), cet empire oublié fut emporté corps et biens à l’occasion de la chute du Reich wilhelmien. Il fut principalement partagé entre la France, les États du Commonwealth (Angleterre, Australie, Afrique du Sud) et la Belgique.

Via Romana, 272 p., 25 €





