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Les cinq enjeux de la presque-campagne Zemmour

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Publié le

15 octobre 2021

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Avec 18% au premier tour selon Harris Interactive pour Challenges, l’hypothèse Éric Zemmour au second tour de la présidentielle se confirme. Et maintenant ? L’équipe plus politique qu’opérationnelle qui entoure le presque-candidat a-t-elle la carrure pour le marathon qui s’annonce ? Au-delà de la dynamique actuelle, tour d’horizon des cinq enjeux pour pérenniser la vague.
Zemmour

L’équipe de campagne d’abord, chargée de maintenir l’espoir après l’élan des premiers jours. Sarah Knafo, l’énarque à la barre, peut désormais compter sur deux préfets : Gilbert Payet comme conseiller technique et juridique, et Jean-Paul Bolufer, ex-directeur de cabinet de Christine Boutin. Olivier Ubéda, ancien de la communication de l’UMP, chapeaute la scénographie et les discours. Samuel Lafont affronte les vents contraires de la twittosphère pour coordonner la campagne numérique. Passé ce cercle restreint, on tombe sur la galaxie des Amis d’Éric Zemmour, association sûrement vouée à muer en parti.

À titre de comparaison, l’équipe de campagne de Michel Barnier, son pédigrée en particulier, montre qu’au-delà des convertis de la première heure, tenir sur la longueur imposera d’accueillir des professionnels. Autre candidat « parti sans parti », Emmanuel Macron comptait tout de même sur la ligne de départ une équipe déjà bien rodée à l’efficacité du privé.

Attention à l’effet « trop-haut-trop-tôt ». Tout l’enjeu consiste à identifier le point d’acmé de la dynamique en cours, pour transformer la courbe en exponentielle et contrer l’effet de plateau

Quid de l’équipe gouvernementale ensuite ? Comme s’interrogeait récemment Marion Maréchal face à Mathieu Bock-Côté sur CNews, qui pour occuper les postes d’un gouvernement et d’une administration Zemmour ? Dans les ministères, au poste de Secrétaire général de l’Élysée, à la DGSE, etc. Les Français susceptibles de se laisser tenter par une candidature Zemmour attendent des clarifications. De même pour les législatives : si on sait que l’hémicycle occupe l’équipe du candidat, reste un parti à monter et des candidats à trouver.

D’où un troisième enjeu, de taille : les ralliements. Si Xavier Bertrand réussit à contrer la mode Michel Barnier chez LR et à s’imposer à l’issue du congrès – ce qui n’est pas évident compte tenu du dernier sondage de France Info auprès des présidents de fédération LR –, il pourrait espérer engranger le soutien plus ou moins visible d’une frange conservatrice des Républicains, rassemblant Wauquiez, Retailleau, Guéant, Guaino, et Bellamy peut-être. Chez la « droite hors les murs », Jean-Frédéric Poisson a déjà franchi le cap. Le candidat Zemmour a besoin de cette validation pour balayer définitivement le sentiment d’une candidature à la Coluche, et surtout attirer des transfuges qui seront autant de ponts vers l’électorat des Républicains et du Rassemblement national.

Le choix du timing de l’annonce ne sera pas non plus anodin. Les campagnes se cristallisent toujours davantage dans les derniers mois. Attention donc à l’effet « trop-haut-trop-tôt ». Tout l’enjeu consiste à identifier le point d’acmé de la dynamique en cours, pour transformer la courbe en exponentielle et contrer l’effet de plateau. La saturation médiatique et la multiplication des conférences et séances de dédicace ne fera pas long feu. À la constance du discours devra succéder une autre séquence, plus offensive et programmatique. On imagine que la certitude d’engranger un nombre suffisant de parrainages est une variable capitale, peut-être même le dernier motif de retenu pour le presque-candidat.

Lire aussi : Révélations : Éric Zemmour n’a pas toujours été ce qu’il est

Enfin, il ne fera pas sans le nerf de la guerre. Il semblerait pour le moment que les déclarations parfois excessives du candidat soient préférées à la bien-pensance et la langue de bois des autres. Mais face aux impératifs d’une équipe opérationnelle et gouvernementale, de parrainages, et de ralliements, le candidat antisystème sera-t-il rattrapé par le système ?

Les sondages montrent qu’une possible candidature Zemmour suscite un immense espoir. S’ils sont nombreux à vouloir y croire, beaucoup demandent encore à être convaincus. Le profil hors du sérail attire. Le public regarde avec envie une pièce trop longtemps attendue se jouer devant ses yeux. Mais il faudra rassurer rapidement sur la capacité réelle du candidat à faire campagne puis à gouverner, face aux attaques en amateurisme qui ne manqueront pas de pleuvoir. Afin de montrer que le phénomène n’était pas un simple vernis, et la candidature pas uniquement cathartique.

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