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Les critiques littéraires de juin

Chaque mois, L’Incorrect sélectionne pour vous le meilleur et le pire de l’actualité culturelle. Perles rares ou navets survendus, authentiques exploits ou pathétiques arnaques, ici se poursuit l’ambition de distinguer. À rebours de la tyrannie du médiocre, du politiquement convenable et du consensus, nos critiques vous redonnent le sens des hiérarchies. Place aux critiques littéraires de juin.

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© L'Incorrect

Le dernier jour de Patrick Dewaere

Un fauve, Enguerrand Guépy, Le Rocher, 200 p., 17,90 €

Le 16 juillet 2022, Patrick Dewaere aura disparu depuis quarante ans. Les éditions du Rocher ont la judicieuse idée de proposer une nouvelle édition
d’Un Fauve, le très bon roman dans lequel Enguerrand Guépy raconte le jour où le fauve, alors qu’il n’avait plus qu’un pas à faire pour tutoyer les étoiles, s’est couché, Dieu sait pourquoi. Comme dans toute vraie tragédie, nous avons beau connaître l’inéluctable fin, nous refusons d’y croire jusqu’au rideau. Entre en scène, sous la plume de Guépy, un homme au sommet de son art, de sa vie, de sa gloire. Il n’a jamais été si prêt au combat, ce qui tombe bien puisque nous sommes au matin où Dewaere doit entamer le tournage du film de Lelouch sur Marcel Cerdan. Le boxeur implacable, ce sera lui, Patrick Dewaere, ça ne pouvait être que lui, et il est paré. Il est entraîné, il a tant sacrifié pour être à la hauteur du rôle ! Il est dans le taxi pour se rendre sur le plateau, et tout bascule. L’auteur du roman s’immisce alors dans la faille que laisse la biographie pour tâcher de comprendre ce qui s’est passé. Quel démon aura pris possession de l’acteur au moment où il s’approchait de la consécration ultime ? Et si tout était joué d’avance ? Le tour de force de Guépy tient à cette maîtrise d’un tempo parfait, nous donnant à croire tout au long du livre que le sort pourrait être conjuré tout en éclairant la part sombre de l’acteur qui ne nous est pas nécessairement connue. Un très bel hommage à un acteur aussi génial que mystérieux. Matthieu Falcone


Thriller improbable

Les vingt journées de Turin, Giorgio Di Maria, Do, 164 p., 18 €

Voici un roman totalement bizarre, aux allures de thriller gothique improbable et bref. À Turin, dans une époque qui pourrait être la fin du siècle dernier, une épidémie d’insomnies pousse les gens à se promener la nuit, et des tueurs mystérieux à les massacrer. Dix ans plus tard, le narrateur, flûtiste amateur et détective à ses heures, enquête sur ce qu’on a nommé depuis les « vingt journées de Turin » Paru en 1977 sous la bannière d’Il Formichiere, petite maison qui fermera ses portes six ans plus tard, ce roman s’inspire probablement de la vague d’attentats qu’a connue l’Italie pendant les années de plomb. L’auteur, le turinois Giorgio di Maria, était un musicien, membre fondateur en 1958 du groupe Cantacronache, devenu écrivain après avoir lu Le Procès de Kafka. Il paraît qu’il a travaillé chez Fiat, puis comme critique théâtral pour le quotidien communiste L’Unita, et qu’il a tourné religieux dans les années 1980. Il est mort en 2009, âgé de 85 ans. Oublié depuis quarante ans, Les Vingt Journées de Turin a connu un regain de notoriété après sa traduction chez Norton, aux États-Unis, par le journaliste australien Ramon Glazov, lequel dit y voir une incroyable prémonition de Facebook, et un exemple typique de la littérature mystérieuse qu’on produit à Turin. Le livre a depuis été réédité en Italie et le voici qui paraît en France, où il trouvera naturellement sa place au rayon des OVNI contemporains. Bernard Quiriny [...]

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