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Les critiques musicales de mai

Les critiques musicales du mois de mai par Alexandra Do Nascimento et Romaric Sangars.

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

NÉO-TROPICAL

Navegar, Joao Selva, Underdog Records, 11,99€

Ce carnet de voyage exubérant rapporte forró, kompa, funaná et semba, des rythmes irrépressibles et autant d’escales dans les anciennes colonies portugaises du Nordeste brésilien, de la Caraïbe, du Cap Vert ou de l’Angola. Second album de Joao Selva, Navegar remet au goût du jour l’universalité du Tropicália, mouvement culturel et courant sonore apparus au Brésil en 1967 suite au coup d’État de 1964. Navegar se réapproprie, prolonge et fait resurgir ce#e heureuse synthèse entre rock, musique traditionnelle et musique avant-gardiste, qui avait fait valser les codes de la musique populaire brésilienne alors trop repliée sur elle-même. Avec les moyens techniques d’aujourd’hui, c’est un savoureux retour au groove et ambiances vintage des années 70, où des tempos adéquats, ni lents ni véloces, permettaient de se déhancher avec volupté ! Une bulle d’oxygène jazz, pop et funk, loin d’être aussi légère qu’il y paraît, les textes poétiques et naïfs étant ancrés dans un réalisme fantastique propre aux auteurs d’Amérique latine. Cette magnifique initiative véhicule un héritage qu’il est bon de découvrir. Alexandra Do Nascimento

UN TRIOMPHE DE LA CHANSON

Outside child, Allison Russel, Fantasy Records/ Concord, 14,99€

Outside Child est le premier album solo de la douce Allison Russell que l’on retrouve d’habitude en tant que voix principale de Birds Of Chicago et Our Native Daughters. Chanteuse, poète, compositrice et multi-instrumentiste, elle distille d’un flot sonore suave ses chansons autobiographiques à la fois touchantes et pudiques. Résultat : la demoiselle a la résilience élégante (comme vis-à-vis d’une enfance que personne ne devrait connaître). Elle partage cela sans pathos, à tel point que si l’on ne prête qu’une oreille distraite aux paroles, on ne s’en rend absolument pas compte ! Le compositeur Joe Henry dit à propos d’elle : « On pense à Nina Simone et à Édith Piaf : deux praticiennes ayant tourné leurs visages vers la lame de la tempête avant de rugir de dignité et d’espoir. Et la chanson a commencé certainement comme un cri ou une prière mais aucun besoin de discerner l’un de l’autre, car ce sont les mêmes, et sacrés ! Cette musique est un triomphe ». Alors fêtons ce triomphe ! ADN [...]

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