NEUF ET AUTHENTIQUEMENT RETRO
The Globeflower Masters Vol.1, Glenn Fallows & Mark Treffel, M.Bongo, 12€
Présente-t-on encore ici l’inénarrable Label M. Bongo, dont on ne cesse de vanter les pépites dans ces pages ? Glenn Fallows & Mark Treffel ont concocté un succulent premier album chatoyant, feutré et intemporel ! Un retour vivifiant dans les bandes-son classiques des séries des années 60 et 70 où l’on retrouve d’évidentes références aux compositions de David Axelrod, Piero Umiliani, Gainsbourg, Jean-Claude Vannierand et Ennio Morricone dans cette façon de spatialiser les éléments, de faire se côtoyer des lignes de basse psychédéliques et des essaims de cordes, sans oublier ce sens aiguisé du drame traversant tout l’album The Globeflower Masters Vol.1 (vivement le volume 2) ! L’aplomb acquis par les expériences scéniques et les enregistrements de ces deux gars de Brighton est stupéfiant. Une œuvre sans plagiat ni redite qui expose l’auditeur à une palette de sentiments allant du spleen au festif. Un futur classique à ne pas manquer.

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TRANSE INTERGALACTIQUE
Back to the Moon, Supersonic & Thomas de Pourquery, Lying Lions Productions, 17€
On ne se méfiera jamais assez des injonctions reçues durant l’enfance. Aussi loin qu’il s’en souvienne, Thomas de Pourquery s’est passionné pour l’astronomie et les grands espaces depuis que son père lui a dit : « Si tu veux aller sur la Lune, vise la plus lointaine des galaxies ». C’est à peu près la démarche artistique de SpaceShipOne pour le « supergroupe » de Thomas de Pourquery, Supersonic. Back to the Moon est la première référence d’un label qui souhaite défendre des musiques qui font partir loin, « souvent lyriques mais sans impératif stylistique ». Dix ans plus tard, le saxophoniste-chanteur décolle à nouveau en compagnie de Charles Mingus en une marche langoureuse. La pépite de l’album ? « Jungle » ! Un thème élégant à l’efficacité implacable, déployant une force rafraîchissante et évocatrice de Blade Runner.

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SLAVE THE DATE
Spaceshipone, The Volunteered Slaves, Day After Music, 16€
Après vingt ans d’existence et cinq albums dans plusieurs maisons de disques, le groupe The Volunteered Slaves décide enfin de créer son label afin de produire ses propres projets et de diffuser ses anciens albums. Cinquième volet donc pour les cinq garçons à l’esprit de liberté musicale aux accents jazz-afro-funk avec, cette fois, de l’électro dans les tourneries. Référence faite au Volunteered Slavery (1969) du génial saxophoniste Rahsaan Roland Kirk, leur album SpaceShipOne satellise ses auditeurs. Leurs thèmes continuent de s’enraciner dans un jazz en terrain connu avec une sensibilité organique, mais l’électro vise l’interstellaire et le parti-pris des musiciens de laisser la part belle à l’improvisation la plus débridée y contribue fortement. Ça frise la musique de « zicos », certes, de virtuoses doux dingues et inconditionnels du rapport basse-batterie. La poésie de « Fuyons j’adore » ne manquera pas de provoquer quelques sensations.






