Notre Occident post-hitlérien, héritier inconscient des idéaux de la révolution industrielle, reste porté par son projet de « reconstruire de fond en comble la condition humaine », et s’ingénie à effacer toute borne, à refuser l’enjeu généalogique. Ignorant que « le voile de l’illusion positiviste se déchire sous nos yeux », il promeut toujours l’avènement d’un homme standardisé, sans pourquoi, triste serviteur du culte de l’immédiat et de l’effacement du passé.
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Surtout, ne sachant plus que « l’animal humain habite la Terre comme une scène », il reste aveugle aux civilisations orthodoxes, islamiques et chinoises, qui, travaillées par un désir de revanche, redécouvrent leurs fondations théologiques, leurs rituels et leurs théâtres, c’est-à-dire leur intériorité séculaire. Par ce court texte composé de fragments, qui tendent parfois au poème en prose, Legendre prolonge magnifiquement Ce que l’Occident ne voit pas de l’Occident. Une brève leçon d’humilité en même temps qu’un avertissement, comme pour conjurer le déchaînement prochain de tous les fanatismes.

Ars Dogmatica, 100 p., 18€





