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L’État profond : une notion ambiguë

Depuis qu’Emmanuel Macron a prononcé publiquement l’expression pour dénoncer l’inertie de la haute fonction publique, le concept d’« État profond » n’est plus l’apanage des sphères complotistes et fait désormais partie du vocabulaire autorisé des politiques et des médias de grand chemin.

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Pour le moins ambiguë, cette notion d’« État profond » n’est pas si simple à définir. Omniprésent dans les discours du président Trump, ce terme ne provient pas des États-Unis mais de Turquie. Pour retrouver l’origine de ce mot, il faut remonter à un scandale politique survenu en Anatolie en 1996, l’affaire de Susurluk, dans lequel un banal accident de la route avait révélé au grand jour des liens étroits entre la police, la mafia, le monde politique et le groupe d’extrême droite connu sous le nom de « loups gris ». C’est pour qualifier ces liens obscurs que le Premier ministre turc Bülent Ecevit a utilisé pour la première fois l’expression « derin devlet » (« État profond »).

Cependant, c’est bien en Amérique que cette notion a été théorisée. Si l’expression est relativement récente, le concept, lui, ne date pas d’hier. Dès 1961, le président Dwight D. Eisenhower évoquait déjà dans son discours d’adieu l’irrésistible montée en puissance du « complexe militaro-industriel ». Une définition plus récente est celle que donne l’universitaire canadien Peter Dale Scott pour qui l’État profond résulterait d’une convergence de vues entre des agences de l’ombre comme la CIA ou la NSA d’un côté et la finance de Wall Street de l’autre. [...]

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