L’Europe est morte, vive l’Europe !

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Depuis 2015 et l’accélération de la crise migratoire, rien ne va plus en Europe. Ce fut d’abord le groupe de Visegrad, sous la houlette de Victor Orban et des conservateurs polonais, qui mena la fronde contre les lubies d’Angela Merkel. Ils furent rejoints en 2017 par l’Autriche de Sébastien Kurz puis par l’Italie de Matteo Salvini en 2018. Si le vent d’Est continue de souffler, la question peut se poser : les libéraux sans frontière peuvent-ils perdre leur majorité au Parlement de Strasbourg au printemps 2019 ? Les élections en Bavière, après celles de la Suède, vont donner une première tendance.

 

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Gare toutefois à l’excès de confiance, le cadavre bouge encore et il se défend bien. Ce dossier sur l’Europe centrale a aussi pour objectif de marquer les faiblesses et les divisions de cette nouvelle confédération austro-hongroise qui doit séduire les pays scandinaves et baltes si elle veut empêcher le système bruxellois de se reproduire à l’infini contre elle. Les partisans d’une technostructure supranationale n’ont pas rendu les armes, ils s’activent pour ressusciter le groupe des libéraux-libertaires de l’horrible Guy Verhofstadt. Emmanuel Macron est parti en tournée pour unir, ex nihilo, un nouveau peuple européen. Et il n’en démord pas. En théorie, la clef se trouve en Allemagne, principale puissance européenne. Un coup de barre à 180 degrés de la CDUCSU, une sortie rapide d’Angela Merkel, et l’Europe pourrait résoudre la crise des migrants et peut-être sauver sa civilisation, 335 ans après la victoire austro-polonaise de Vienne sur les Turcs en 1683. Malheureusement, les Allemands aiment tellement le compromis et la stabilité que rien n’est moins sûr. Plusieurs Allemagnes se confrontent, l’Allemagne protestante et luthérienne majoritaire au nord, et l’Allemagne catholique au sud. Clivage auquel il faut ajouter la séparation vivace entre les ex-RFA et RDA. Si l’on ajoute le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, on voit bien que cette Allemagne vieillissante est paralysée. C’est donc aux Français de défendre la vieille Europe. Les peuples qui se sont déjà libérés une première fois, en 1989, ne peuvent pas être méprisés, il faut se joindre à eux.

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hdesuin@lincorret.org

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