Lion d’Or à Venise, L’Événement tend à prouver, après Titane, que pour glaner des prix internationaux, il n’y a qu’un sujet qui vaille, la féminité traumatique, et qu’une manière : la forte. Le regard rétrospectif et la quête de connaissance, qui faisaient le prix du récit autobiographique d’Annie Ernaux, sont évacués au profit d’un pur présent de train fantôme avec avortement en plan-séquence et jaillissement de fœtus dans les toilettes, comme si Carrie accouchait d’Alien.
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Simplifiant les rapports de classes et réduisant les marqueurs d’époque, l’adaptation vise l’efficacité d’une attraction Disney avec bande-son à l’avenant. L’immersif bas de plafond, entre frères Dardenne et Gaspar Noé, dispense Audrey Diwan de diriger convenablement ses jeunes acteurs qui n’articulent qu’imparfaitement. L’Événement fait penser à une Passion de Mel Gibson où le Christ serait remplacé par une étudiante boursière, avec pour seule élévation possible la réussite à ses examens. L’épate-bourgeois féministe nous emmerde, l’épate-bourgeois féministe a de beaux jours devant lui.
L’Événement d’Audrey Diwan (1h40), avec Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet Klein, Luàna Bajrami, en salle le 24 novembre





