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L’hérésie populiste (2/4) : comment comprendre le populisme ?

Indissociable de la modernité, fusionnant peuple-classe et peuple-communauté, le populisme est avant tout une pensée de rupture, qui naît de la tension entre centre et périphérie politiques. Deuxième article d’une série de quatre, paru sur le site espagnol El Manifiesto et traduit par Patrick de Pontonx.

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Comment appréhender le populisme ? Il faut d'abord partir du principe qu'il s'agit d'un phénomène politique caractéristique de la modernité. En d'autres termes, nous ne sommes pas en face d’une résurgence de la pensée traditionnelle, d’une « réaction » restauratrice. L'élan populiste est indissociable des conditions objectives créées par le monde moderne et de la manière spécifiquement moderne d'appréhender les rapports au sein de la communauté politique. Pour reprendre un schéma peut-être réducteur mais expressif, on pourrait dire que le populisme correspond au moment « Fraternité » dans des sociétés déçues par les phases « Liberté » et « Égalité », pour reprendre la topique trilogie révolutionnaire.

La Liberté désigne le moment où l'individu revendique son autonomie contre l'ordre politique traditionnel : c'est le monde du libéralisme, avec sa répartition des pouvoirs, ses libertés publiques à caractère personnel, sa sacralisation de l'activité économique privée et l'autonomie de la conscience. Lorsque le monde de la Liberté triomphe et fait apparaître la victoire de certains individus sur d'autres, apparaît le moment de l'Égalité, qui n'est plus l'égalité de tous devant la loi (c'était, après tout, une revendication individualiste), mais l'aspiration que tous les hommes soient essentiellement égaux en droits, en devoirs, en fortune, en bonheur : c'est le monde du socialisme avec son exigence d'uniformité sociale, d'égale redistribution des richesses (et de la pauvreté), de la soumission de toute autonomie personnelle à l'intérêt de l'ensemble, etc. Toutefois, lorsque le moment de la Liberté se manifeste comme un générateur d'injustice, et que le moment de l'Égalité se manifeste comme un générateur de division et d'oppression, alors se fait sentir le besoin d'atteindre une phase différente ; une nouvelle phase où la liberté individuelle ne brise pas la communauté dans son ensemble et l'égalité sociale n'anéantit pas l'autonomie spontanée des personnes. C'est le moment de la Fraternité. Or si un courant politique aborde l'énoncé de la Fraternité comme un concept-clef, c'est bien le populisme. Ce n'est pas par hasard que Pierre Poujade avait inclus précisément le terme de « Fraternité » dans le nom de son parti.

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