Vieux nouveau mot de l’argot djeun, le terme « matrixé » a pour origine la série de film des frères – pardon des sœurs – Wachowsky, dont le quatrième volet sort en ce mois de décembre. Ceux qui ont vu ces classiques du cinéma cyberpunk comprendront aisément la référence. Est « matrixé » l’individu qui n’a plus aucun esprit critique ni recul, endoctriné par une force supérieure. Il n’est même pas arrivé au stade du choix entre la pilule rouge et la pilule bleue, restant coincé dans le monde onirique que la « matrice » génère pour lui, trop heureux de vivre paisiblement sans avoir à se poser de questions d’ordre supérieur.
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Employée depuis déjà quelques années, cette expression fait écho à bien d’autres elles aussi issues du français contemporain, ayant pour certaines des origines maghrébines, comme c’est désormais courant. Ainsi des expressions « être sheitanisé » ou « jnouné », faisant référence au nom porté par le diviseur dans le Coran et aux créatures du monde préternaturel qu’on appelle « djinns » ou « jnouns », lesquelles ont légué au français le terme « génie ». Dire d’une personne qu’elle est « matrixée » peut aussi se faire sur un ton plus léger, plus ironique : « Wallah, sa gadji l’a matrixé, t’as vu gros ? Il prend des douches et il se coiffe ». Ce peut être aussi plus polémique, plus dénonciateur ; ainsi d’une personne qui subirait l’immonde propagande de la fachosphère, dont on pourrait dire qu’elle est « trop matrixée par les médias, ils ont rien compris les froms ». Il y aura néanmoins un fond de bienveillance à cette remarque, puisque la personne coincée dans la « matrice » serait à plaindre, n’étant que la victime d’un système qui la trompe. Et vous, qui vous matrixe ?





