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L’islam n’existe pas

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Publié le

29 avril 2021

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Dogme « conquérant » qui menacerait notre démocratie pour les uns, une religion assimilable par notre belle République pour les autres. En réalité, l’islam tel qu’il se pratique en Europe relève plutôt d’un syncrétisme civilisationnel bien loin de l’islam véritable.

À chaque attentat à l’intérieur de nos frontières, deux réactions s’opposent systématiquement : d’un côté, une partie de la droite radicale tente d’expliquer à quel point l’islam représente une menace pour notre liberté et nos institutions. De l’autre, la gauche « relativiste » essaye de tempérer l’importance de ces évènements, allant jusqu’à en noyer l’impact dans un brouhaha soigneusement orchestré de sophismes compassionnels, cherchant à ranimer la très discrète volonté d’intégration de « toute une majorité de musulmans ». En réalité l’islam n’est ni un dogme « conquérant » qui menacerait nos frontières et notre démocratie de l’intérieur, ni une religion assimilable par notre belle République. L’islam tel qu’il se pratique en Europe relève plutôt d’un syncrétisme civilisationnel, le produit d’une rencontre fatale entre deux modernités dévoyées. Nous avons coutume de dire que l’Occident décadent n’a pas grand-chose à opposer à la fièvre votive des islamistes. En réalité, ce sont eux qui n’ont pas grand-chose à opposer à l’Occident : attentats après attentats, on ne peut que constater l’absence de leur prophète, qui n’est plus qu’une coquille vide, raclée de l’intérieur par des années de luttes internes et de conflits tribaux.

Les racines du mal

« L’islam politique », comme on l’appelle joliment – et c’est bien désormais le seul qui existât – est une dégénérescence pure et simple du fait religieux. Là où on estime que l’islam devient « radical », qu’il s’étoffe et gagne en virulence à travers ses expressions les plus forcenées (wahhabisme, salafisme) il ne fait que décroître, perdre de sa substance et avouer son échec face au monde occidental. Un échec qui a commencé il y a au moins deux siècles, lorsque l’Europe des Lumières s’invite au Proche-Orient au lendemain de la Révolution française – notamment avec la campagne d’Égypte. C’est bien l’Occident qui a favorisé l’émergence des nationalismes musulmans face à l’oppression ottomane – engendrant par là tous les mouvements réformistes de l’islam qui constituent aujourd’hui ses forces vives. Ainsi, le pacte de Nejd, fomenté par le père du puritanisme wahhabite, le cheikh Mohammed Ben Abdelwahhab avec la complicité de l’émir Ibn Séoud, dont le but était à terme l’expansionnisme politico-militaire face à la présence turque dans la péninsule arabique, fut instrumentalisé par les puissances européennes dès l’origine : russes, français et anglais avaient tout intérêt à utiliser cette force naissante pour contrôler l’empire ottoman.

On voit à quel point la doctrine wahhabite n’a été pour l’Europe qu’un terrain idéologique expérimental, géré par nos services de renseignement et simplement destiné à renverser les polarités du monde arabo-musulman

En 1810, Napoléon envoya son agent Théodore de Lascaris, diplomate roué et « Lawrence d’Arabie français » pour convaincre Ibn Séoud d’une alliance contre les turcs, à l’époque alliés à l’Angleterre. Les émirats qui se succédèrent ensuite autour de Riyad furent soigneusement arbitrés par l’Europe, et le wahhabisme a pu se développer à l’ombre du géant occidental, fédérant les tribus bédouines en les sédentarisant et en leur imposant une charia parodique afin de les soumettre. L’alliance avec la dynastie Séoud sera âprement disputée jusqu’à la Première Guerre mondiale, y compris par le mouvement sioniste naissant, qui voyait là l’opportunité d’un allié de taille : en 1918, le futur président d’Israël Chaïm Weizman, alors chimiste des armées de la Couronne Britannique, fut envoyé auprès du successeur d’Ibn Séoud, l’émir Fayçal 1er. On voit à quel point la doctrine wahhabite n’a été pour l’Europe qu’un terrain idéologique expérimental, géré par nos services de renseignement et simplement destiné à renverser les polarités du monde arabo-musulman. À ce titre, on peut dire que le wahhabisme est un islam « européen ». C’est cet islam « européen » que nous « combattons » aujourd’hui. Un combat de dupes.

Un islam forcément pathologique

En fait, l’islam tel qu’il est pratiqué notamment par nos immigrés n’est pas tant une religion dogmatique qu’un hochet civilisationnel, une construction idéologique cyniquement adressée au monde occidental à travers nos flux migratoires, comme un retour d’acide de nos errances géopolitiques au début du XXe siècle. Et le « terrorisme » islamiste, ce terrorisme à petite échelle des musulmans du quotidien – ce que Dantec en visionnaire nommait le « micro-terrorisme », n’est jamais qu’une réaction en chaîne causée par la collision de ces deux mondes : l’Europe des Lumières et l’idéologie wahhabite. Elle trouve aujourd’hui son apothéose à travers une parfaite articulation géopolitique dont nos populations immigrées ne sont que les pantins consentants.

L’islam est tellement dégénéré que le moindre malade mental, le moindre dépressif qui s’empare d’un couteau est taxé de « djihadiste ». Soyons sérieux un instant : les impuissants pathologiques qui s’attaquent cycliquement à la France ne sont pas des guerriers d’Allah, ils ne sont que des symptômes aggravés d’un mondialisme qui s’auto-dévore et crée à tour de bras ses propres croquemitaines pour justifier continuellement son essor, son cheminement vers une civilisation décentrée, où l’individu ne serait plus le symbole du libre-arbitre, mais au contraire un simulacre téléguidé par la réification. La réification occidentale qui passe par le consumérisme et la technicisation se mire dans la réification post-islamiste des pays du Golfe, et les deux se tiennent la main par-dessus la Méditerranée : ce couple funèbre n’a de cesse d’épousseter ses morpions sur nos frontières invalidées. Muray estimait qu’au XXe siècle, marxisme et occultisme n’étaient que les « deux réponses techniques à un monde ultra-technique », une réponse « dure » et une réponse « molle ».

Lire aussi : Sébastien Meurant (LR) : « Une seule religion pose problème : l’islam et ses dérives sectaires »

L’islam, au XXIe siècle, est la parfaite synthèse de l’occultisme et du marxisme, et il est devenu en quelque sorte l’ultime technique qui se dresse contre la technique en s’imaginant la défaire – alors qu’elle ne fera jamais que prolonger l’asservissement des populations. L’islam actuel n’est qu’une excroissance de plus de l’idéologie post-moderne qui entend bien remplacer toute tradition par une avant-garde instrumentalisée, qui entend déployer une « tradition de la modernité » (Muray). C’est pourquoi il est aussi soluble dans la culture urbaine, adolescente, dans les rites imbéciles d’une jeunesse en déshérence, qui confond la foi avec une très pubère nécessité de se ranger à un ordre moral tout en crachant sur un système qu’ils estiment corrompu. En réalité, l’ordre moral islamiste n’est qu’un rideau de fumée érigé par ce même système, et le néo-islam de France, celui qui se propage sur les réseaux sociaux et dans la culture urbaine, est aussi peu religieux qu’ont pu l’être en leur temps le dogme puritain ou évangéliste, ces farces postchrétiennes adaptées à la loi du marché. Il est vécu, littéralement, comme une pathologie.

Le déguisement de la foi

L’islam n’est pas la plus conne des religions, comme l’a affirmé Houellebecq avec sa désinvolture adolescente. C’est simplement le plus faible des monothéismes, parce qu’il est le plus jeune, le plus composite, le plus artificiel, et donc le plus tragiquement voué à l’hybridation et à la dégénérescence. Aujourd’hui, la plupart des jeunes musulmans qui vivent en Europe n’ont aucune réelle notion du fait religieux, ils ne pratiquent le ramadan que par vague intuition métapolitique, que pour répondre à l’injonction permanente d’une société qui leur demande de s’identifier à une niche culturelle ou cultuelle. Aujourd’hui, porter le voile pour une adolescente des cités équivaut à porter un perfecto à clous pour une marginale des années 80. L’adhésion à l’islam n’est qu’une case à cocher au milieu des autres, au milieu de sa préférence sexuelle, de sa série télévisée ou de son équipe de foot favorites. Elle n’est que l’ombre portée d’une foi véritable, une simulation générée par les machines idéologiques du capital et du consumérisme, avec l’assentiment lointain des pays du Golfe. Il suffit de voir avec quelle candeur sinistre les plus jeunes s’en emparent pour composer leur propre petit culte personnel, narcissique, pour fédérer leurs pulsions autour de rituels vides de sens.

L’adhésion à l’islam n’est qu’une case à cocher au milieu des autres, au milieu de sa préférence sexuelle, de sa série télévisée ou de son équipe de foot favorites

L’islam est un déguisement en papier crépon, simplement là pour les faire exister aux yeux d’une société qui les a d’abord rejetés, et qui flatte désormais leurs vils instincts de différenciation, qui tâche de les convaincre qu’ils font davantage partie du monde moderne juste parce qu’ils sont une minorité souffrante, arrachée à sa terre, parce qu’ils sont les victimes générationnelles du colonialisme. On peut y voir un sadisme total de la part du système qui les a déracinés dans un premier temps, et qui leur demande maintenant de renouer avec des racines factices, avec une religion fantoche. Les attentats et les crimes perpétrés par ces islamistes de carnaval, par ces djihadistes gonflés au Prozac et à la malbouffe, ne seront jamais que des tentatives désespérées pour tenter de faire exister davantage une foi qui n’est plus grand-chose, si ce n’est un vague vertige politique ajourné et diligenté par l’ingénierie sociale américano-wahhabite. L’islam n’est plus qu’un petit tatouage existentiel porté par nos « minorités » pour tenter de se conformer à une post-modernité duplice.

La prébende virtuelle du néo-musulman

Il est aussi stupide d’estimer que l’assassin de Rambouillet est un « djihadiste » que de penser que David Berkowitz est un soldat du Christ. Les djihadistes ne sont jamais que des tueurs en série en promotion, des crétins congénitaux digérés par le capital et par ses formes complexes et contradictoires : deux idolâtries s’opposent en eux, d’un côté le prophète et de l’autre le capital, mais elles se rejoignent en réalité dans la politique des profondeurs pour ne former qu’un seul corps. Aujourd’hui les enfants d’immigrés pratiquent l’islam comme on surfe sur une site pornographique ou comme on s’essaie à un jeu en réseau : c’est un « patch », une simple « skin » (pour reprendre un terme vidéoludique) qu’on applique à son individu désorienté pour tenter de l’extraire de l’indifférencié.

Aujourd’hui les enfants d’immigrés pratiquent l’islam comme on surfe sur une site pornographique ou comme on s’essaie à un jeu en réseau

Voir avec quel empressement les gosses de cités, encouragés par la culture rap mondialisée, pérorent sur leur respect strict du ramadan : ces gosses férus de football, d’argent facile et de voitures de sports ont-il pensé une seule fois dans leur vie à ce que représente Allah, ont-il examiné une seule fois la possibilité de leur Foi ? Il est probable que non. Le ramdam à ce titre n’est jamais qu’un babiole sociétale mise en avant pour faire valoir une prébende virtuelle obtenue sur le dos du pays d’accueil.

Menace réelle

La vraie menace est bien celle des pays du Golfe qui orientent la politique mondiale, et dont le culte corrompu n’est jamais qu’une version luciférienne de l’islam traditionnel. Demandez donc à un musulman moderne ce qu’il connaît de Rumi ou d’Ibn Arabi, ces penseurs et poètes immenses de l’islam véritable qui ont été soigneusement mis de côté ou diabolisés par des années de matraquage wahhabite, ils vous regarderont probablement avec des yeux ronds : ces pères fondateurs ne sont pas enseignés dans les ridicules mosquées d’Europe, qui ne sont que les postes-frontières des empires pétroliers funestes et de leurs princes parvenus. Le radicalisme n’est pas un processus, c’est un état de fait, c’est une constante de notre civilisation digitalisée, cloudée, fondée sur une amnésie globale, sur le report technique de la tradition. Le radicalisé est la forme même de l’individu numérique d’aujourd’hui, bâfré aux propagandes virales et soumis à la forclusion permanente des réseaux sociaux. Quant à l’islam radical qui nous empêche de tourner en rond, comme un impensé de l’empire démocratique occidental, c’est la réponse de facto au laïcardisme. On pourrait appeler l’islam moderne un « religionisme », c’est-à-dire une volonté abstruse et désincarnée de « faire du religieux » ex-nihilo, en confondant la tradition avec ce qu’elle combat et la Foi avec son mirage technique. En vérité, l’islam n’est pas grand-chose.

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