Quand vous voyagez en France, vous ne pouvez qu’être surpris par le nombre de panneaux « recherche électricien », « embauche chauffeur poids-lourds ». À croire que la France est en période de plein emploi ! Et pourtant ça grimpe pépère à 2,4 millions de chômeurs. Alors que se passe-t-il ? Les Français de souche sont-ils de sales feignasses qui n’ont plus assez de doigts pour bosser ?
Qu’il existe des bons à rien et des assistés est une évidence. Mais le désamour pour certaines professions vient du patronat lui-même. Oui ! Car une partie de la bande a causé sa propre perte. Pingrerie, connerie et management par le stress. Les Trente piteuses ont créé un état d’esprit. Et un sentiment de toute-puissance. Et certaines professions en tension sont étonnantes. Les clercs de notaire par exemple. Plus difficiles à trouver qu’une couille dans le slip de Barnier de nos jours ! Les notaires ont réussi à tuer les vocations. Salaires de Chinetoques et des employés croulant sous le dossier. Et visiblement la pénurie de personnel n’incite pas le notariat à un changement profond. Pas grave, dépecés par les banques et les avocats, ils n’en n’ont plus pour très longtemps.
Ce mythe du « travail heureux », de la « magie », c’est de la connerie d’agent immobilier à Ramatuelle ! Qui peut me dire ce qu’il y a de magique à faire le « facing » des boîtes de ravioli chez Carrefour ?
Les profs idem. Rien que dans le département d’Ille-et-Vilaine, l’Éducation Nationale a perdu 24 instits cette année. Le ministère et les parents d’élèves qui ont tout sachu et tout appru sur Google n’auront qu’à aller en recruter au Bungngawa ! Ou faire eux-même l’école à la maison. Expérience formidable durant le confinement ! Alors, toujours « à haut potentiel » vos marmots ?
Mais au-delà de ces professions intellectuelles, c’est avant tout le travail manuel que personne ne veut plus faire. Depuis des années, le manuel est mal payé, mal considéré, sans parler des vexations. Pauses pipi des ouvrières de l’agroalimentaire surveillées. Le bruit, les odeurs. Qui a envie de renifler le fioul ou le boyau de cochon sur son mari le soir ? Et les horaires ? Dans les supermarchés, les EHPAD, quand vous êtes de coup’, vous ne vivez pas. Ne vivez plus. Départ le matin à 5 h, retour à 21 h. En ayant passé l’essentiel de sa journée à traîner dans une galerie marchande. De bancs en bancs. 8 h de boulot et 5 h de coupure, c’est vraiment ça la vie ?
Car ce mythe du « travail heureux », de la « magie », c’est de la connerie d’agent immobilier à Ramatuelle ! Qui peut me dire ce qu’il y a de magique à faire le « facing » des boîtes de ravioli chez Carrefour ? Moi, j’ai un boulot magnifique aujourd’hui. Mais quand je rangeais des caddys chez Auchan j’avais du mal à y trouver un sens et un épanouissement. Même en lisant Bourse plus.
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Si le patronat n’arrive plus à recruter dans certains secteurs, c’est que ces secteurs ont un problème social profond. Aujourd’hui, les gens veulent vivre. Avoir des salaires décents. Connaître le bien-être au travail. Ne plus être sous la coupe de petits chefs merdouilleux. Ne plus vivre « à la mission ». Les gens honnêtes veulent se projeter. Avoir une famille. Un CDI pour acheter une baraque. Le patronat a été pris à son propre piège. Si certains préfèrent le chômage et travailler au noir plutôt que de gagner trois dinars dans une boîte qui ne les respecte pas, eh bien ils ont raison ! Certains emplois, même les immigrés n’en veulent plus ! Le patronat a pourtant organisé consciencieusement le grand remplacement des ouvriers français sur cinquante ans. Mais le bonichard malien a fini par s’embourgeoiser…
J’entends parfois certains chefs d’entreprise se vanter d’être « des bosseurs qui font 70 h par semaine » contrairement à leurs feignasses d’employés, bien entendu. Bravo ! Et tes enfants tu les vois ? Et ta femme ? Prends bien garde qu’elle ne se fasse pas ramoner par ton chef d’atelier, pauvre con ! Le style de vie de certains patrons, les gens normaux et sains n’en veulent pas ! Car, nous, nos gosses, on s’en occupe ! Le jour où ça se bousculera pour rester 8 heures debout dans une pâtisserie industrielle, c’est que le grand patronat aura réfléchi. Réfléchi sur sa responsabilité dans la société et sur l’attractivité des emplois qu’il propose. Certaines boîtes sont vertueuses. Ont compris le concept du « bien-être au travail » et, partant, perdent peu d’employés. Mais combien vivent encore dans le déni ? Et mettent des panneaux de recherche de personnel sur le bord de la route sans comprendre pourquoi personne ne vient frapper à leur porte.
La loi de l’offre et de la demande marche dans les deux sens, camarade patron, et il est temps de s’en rendre compte !





