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Si, l’islamisme « a à voir » avec l’islam. Évidemment. Lydia Guirous en a fait un livre au titre en forme de défi, « Ça n’a rien à voir avec l’islam ?» (Plon). Celle que Laurent Wauquiez a nommée porte-parole de LR appelle à « moderniser » le Coran. Vaste programme.
Pourquoi ce troisième livre sur la place de l’islam en France, après Allah est grand, la République aussi (2014) et #Je suis Marianne (2016) ?
Mon livre traite des racines du mal islamiste qui, selon moi, se trouvent dans le Coran. Il met également face à leurs responsabilités une partie des musulmans, ceux qui sont dans la provocation et le rejet de la France. Les musulmans doivent comprendre qu’ils sont Français d’abord, musulmans après. Face aux coups de butoir de l’islamisme, il faut que les musulmans comprennent que les islamistes sont leurs pires ennemis. C’est un enjeu de cohésion nationale et de civilisation.
Qui sont-ils, ces musulmans, qui, sans soutenir directement le terrorisme islamiste, ferment les yeux ou préfèrent dénoncer « l’islamophobie » plutôt que les prêcheurs de haine ?
Ce sont ceux qui préfèrent les lois d’une religion dévoyée à celles de la République, ceux qui préfèrent la victimisation qu’offre « l’excuse sociale » et ceux qui avancent le « racisme institutionnel de l’État » pour justifier leur incapacité et leur refus d’intégration. Parfois, cela peut être un mélange des trois. Bref, ce sont tous ceux qui sont dans un refus de faire société avec les « souchiens », comme ils disent, ces « Gaulois » qu’ils stigmatisent en permanence dans un racisme hallucinant qu’aucun média bien-pensant ne relève. Ils sont proches des mouvances liées aux Frères musulmans comme l’UOIF et le CCIF, ou sont des satellites pseudo-humanitaires issus du salafisme comme Baraka City.
Il faut arrêter de faire semblant que tout va bien : une véritable scission culturelle se met en place sous nos yeux ; une France islamiste au sein de la France gagne de plus en plus de terrain.
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Croyez-vous que certaines personnalités politico-médiatiques nourrissent une complaisance à cet égard ? François Pupponi, député-maire socialiste de Sarcelles, a dénoncé les liens entre la France insoumise et Samy Debah, co-fondateur du Collectif contre l’islamophobie en France.
La gauche a préféré les « accommodements raisonnables »; elle a sacrifié l’égalité hommes-femmes et la laïcité. Elle a habillé de tolérance ce qui n’était que de la lâcheté. À droite aussi, certains se sont laissés aller. Pupponi se réveille bien tard après avoir laissé prospérer le communautarisme islamique dans sa ville, ce communautarisme que j’avais dénoncé dans mon premier livre, avant Charlie, et qui m’avait valu d’être qualifiée d’islamophobe, de menteuse et même de raciste… Des maires comme Pupponi en tête.
Je rappelle juste que je suis née en Algérie et de confession musulmane. Pour moi, dénoncer l’islamisme et mener un combat déterminé contre cette peste verte est un devoir. Je sais trop bien dans quel état l’islamisme peut mettre un pays; je veux éviter cela à la France. Il a fallu 250morts pour que l’on commence à en parler, à cause de la pensée unique dont les tenants se sont souvent acoquinés avec les leaders de l’islam politique. Parfois, ils l’ont fait à des fins électoralistes, mais parfois pour de l’argent… Le clientélisme de certains élus a gangréné l’ensemble de nos banlieues et, maintenant, certains quartiers des centres-villes.
Dans un relativisme absurde, des élus ont préféré traiter les populations dans leurs différences et leurs revendications, plutôt que de les fondre dans le terreau commun qu’est la République. C’est lamentable, mais c’est la réalité. Aujourd’hui, les barbus fleurissent partout, les niqab et les jilbeb prospèrent, même pour les petites filles… Il y a des zones où la France n’est plus la France. On assiste à la mise en place d’une série d’enclaves étrangères où des minorités dictent leur mode de vie.
Beaucoup de musulmans souhaiteraient que leur religion fasse une césure claire entre le politique et le spirituel
Que cherchent les femmes qui adoptent un mode de vie salafiste alors qu’elles ont parfois été élevées « à l’occidentale » ?
Il y a celles qui sont les idiotes utiles du salafisme. Elles portent ces tenues pour se distinguer de celles qui seraient « impudiques », pour se sentir valorisées et reconnues au sein d’une partie de ce groupe radicalisé. D’autres le font pour avoir la paix et éviter certains comportements maritaux.
Et puis, il y a celles qui sont des agents de propagande de l’islam politique et de la déstabilisation de notre République. J’ai établi les « cinq piliers de la provocation » de ces jeunes femmes: 1.Toujours plus visible, ton voile sera ; 2.Dans les lieux publics, fièrement tu l’arboreras; 3.Face à l’autorité, tu refuseras de l’ôter car tu ne respecteras que les lois d’Allah ; 4.L’incident, tu médiatiseras; 5.La République, tu attaqueras.
Celles-là se jouent de notre bienveillance. Par leurs tenues et leurs comportements, elles tentent de normaliser une vision rétrograde de la femme au nom de la liberté des femmes! Elles parlent de « féminisme islamique » mais ces deux termes sont antinomiques. D’ailleurs, le féminisme ne peut pas être religieux. Sa récupération par les islamistes est une énième imposture que ces jeunes filles, nourries depuis leur plus jeune âge dans un sentiment anti-France, « anti-blanc », tentent d’imposer à une partie de la jeunesse.
Vous vous dressez pour empêcher la victoire de « l’islam politique ». N’est-ce pas une tautologie ? L’islam n’est-il pas, par nature, une religion qui ne fait pas de distinction entre le spirituel et le temporel ?
Bien entendu ; l’islam est politique et spirituel à la fois. L’islamisme, lui, est hégémonique et violent. Ceux des musulmans qui vivent leur culte de manière exclusivement spirituelle se trouvent piégés par la partie prosélyte et militante des tenants de l’islamisme politique. Beaucoup de musulmans souhaiteraient que leur religion fasse une césure claire entre le politique et le spirituel. La religion doit être exclusivement spirituelle. Les autres religions du Livre ont réalisé cette césure il y a plusieurs siècles… Pas l’islam, même si quelques voix s’élèvent pour réclamer cette modernisation indispensable.
C’est ce que je dénonce dans mon livre en appelant à un conclave musulman européen pour faire rentrer l’islam dans la modernité en le délestant des parties rétrogrades et violentes afin de faire émerger un « islam des Lumières ». À titre d’exemple, je souhaite qu’il soit mis fin à ce que l’on appelle le « crime d’apostasie », c’est-à-dire à la condamnation à mort des personnes qui décident de ne plus croire ou de changer de religion. Il en va du respect de la liberté de conscience de chacun.
Comment « moderniser » ce qui est considéré comme étant « éternel » ?
La question de la place de la femme sera un marqueur et un repère essentiel de cette modernisation. C’est un projet utopique, j’en conviens ; mais sans utopie, le monde n’aurait connu ni évolution, ni révolution. L’abolition de l’esclavagisme, la République, l’égalité, la liberté pour les femmes étaient il y a encore peu de temps des utopies. Des idées folles de doux rêveurs. Elles sont devenues des droits réels. Le chantier de la modernisation de l’islam est immense, complexe, mais il finira par se faire. Tôt ou tard, cette utopie deviendra aussi une réalité. Il y a urgence à contrer la montée en puissance de l’islamisme et de la mise sous tutelle des musulmans d’Europe.
Est-il possible d’être « un musulman pieux » et un bon citoyen français ?
Oui et j’en suis un exemple comme tant d’autres.
La ressemblance est frappante avec la stratégie d’infiltration mise en place par les islamistes en Algérie
Pourquoi des enfants de la troisième génération de l’immigration maghrébine se sont-ils rapprochés d’un islam radical ?
C’est le résultat du travail de fond qu’ont mené les islamistes à travers l’infiltration du monde associatif et du tissu politique local; il a donné trop de pouvoirs à des spécialistes du double discours. La ressemblance est frappante avec la stratégie d’infiltration mise en place par les islamistes en Algérie : conquérir la base par l’associatif et le social, infiltrer les sommets par la formation d’une élite qui s’engage à tous les niveaux de pouvoir.
Une partie de la jeunesse s’est laissé séduire et se construit dans le rejet de la France. Elle verse dans la victimisation, la revanche, et une forme de lutte des classes qui laisse la place à une lutte « des races »: les « racisés » contre les « souchiens ». La religion est leur nouveau statut social pour affronter la France et jouer avec la culpabilité postcoloniale. Il ne faut surtout pas céder, car, après, il sera trop tard.
L’apparition de l’islam de combat en France n’était-elle pas inévitable compte tenu d’une immigration non choisie trop importante, combinée à une haine de la France alimentée par les rancœurs issues de la décolonisation ?
Effectivement, la combinaison des deux est un cocktail détonant. Il faut d’urgence agir sur l’immigration, repenser Schengen, reconduire à la frontière les sans papiers étrangers, expulser les délinquants étrangers. La France ne peut accueillir toute la misère du monde. L’immigration doit être aujourd’hui choisie.
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Les pouvoirs publics auraient sciemment donné les clés des quartiers aux imams après les émeutes de 2005, ceux-ci étant la seule autorité respectée par les « jeunes »…
À l’époque, on a considéré que face à des délinquants, il fallait mettre des religieux. C’est une erreur fondamentale. On a cédé les cités à des imams inconnus, ce qui a accéléré le communautarisme et la radicalisation dans ces quartiers. Aujourd’hui, on découvre béatement que ces imams prêchent contre la France et la République. Certains dirigeants avaient oublié sans doute que la France était un pays laïc et que tous les territoires étaient des territoires de la République française.
Avez-vous été menacée par des fondamentalistes ?
Bien sûr! Je reçois tous les jours des menaces de mort. J’ai fait condamner deux personnes pour cela et un autre procès aura lieu fin janvier. D’autres poursuites sont en cours. Il m’est arrivé également de me faire cracher sur les pieds en plein Paris, mais aussi de me faire insulter par des chauffeurs Uber censés me conduire sur les plateaux de télévision… Ce n’est pas facile à vivre mais j’aime tellement mon pays qu’il m’est impossible de renoncer à combattre. Et puis, les messages de soutien et d’encouragements sont si nombreux que cela me conforte et me donne le courage de poursuivre.
Croyez-vous que l’État pourra vraiment reprendre pied dans les « territoires perdus de la République » ?
Oui, mais rompons avec la naïveté, la culture de l’excuse et le relativisme. Il faut de l’autorité et de la fermeté. Il faudra imposer la République partout et à tous. Cela sera difficile, car celui qui aura le courage de le faire devra faire face à un tombereau d’insultes, de caricatures et de procès en « islamophobie » et en « stigmatisation ». Il ne faudra pas se laisser intimider et avancer sans trembler. La France n’a pas su imposer et construire sur la durée son modèle culturel et identitaire après la décolonisation et a donc fragilisé les fondamentaux de la République. Aujourd’hui, la question à se poser est: aimons-nous encore suffisamment la France pour se battre pour elle, pour la redresser et écraser l’infâme islamisme ?
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