Macron prendrait-il les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages ?

Un coup de gueule de Richard de Seze

Emmanuel, monsieur le Président, on voulait te dire, les camarades et moi : faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Là, tu vois, on a senti que tu donnais bien bien dans la complexité et que tu nous l’emberlificotais façon liane tendance ronce, ta laïcité ouverte. Alors, c’est sûr, Pontier avait coché toutes les cases pour que tu sois à l’aise, hein, avec son discours d’animateur socio-culturel de la République où il disait qu’il était bien content que la vedette de Paris soit venue se produire dans un cabaret de province, mais quand même, tu en as fait des tonnes et les camarades et moi, on est chagrins. Limite on se dit que tu nous as pris pour des électeurs, quoi. Les gars de ton cabinet (au fait, il est passé où, Bruno Roger-Petit ? On l’entend plus !) auraient dû te dire, Président, que tous les cathos ne sont pas comme des permanents de la Conférence des évêques de France ; ils auraient pu ajouter que tous les Français ne sont pas cathos, même si Mélenchon se prend pour un curé rouge et se lance dans des sermons à convergence bolcho-catholique assumée. Je suis confus parce que je m’essaye à la complexité, là. Mais pour te le dire simplement, les camarades et moi, on a compris que tu voulais embringuer les cathos dans l’aventure de LaREM et en fait, non.

On pardonne à tout le monde, parce qu’on est comme ça, mais on avait appris à réfléchir avant que t’apprennes Ricœur par cœur, et on te le dit : ce n’est pas parce que tu veux instrumentaliser la religion que les cathos te permettront de légitimer l’islam.

On ne sera pas la caution spiritualisante de ta start-up nation, on va pas assurer l’option transcendance de ton projet européen, on va pas déceler la présence du Christ dans tes entourloupes législatives, on va pas considérer que ta verticalité nous hausse bien haut. On ne sera pas ton prétexte. Et si certains cathos te lèchent les bottes, on leur pardonne. Et si certains laïcards qui ne mouftent pas quand on parle islam se sentent ébouillantés parce que tu nous as causé, on leur pardonne aussi, ça fait longtemps qu’ils pédalent dans la semoule. On pardonne à tout le monde, parce qu’on est comme ça, mais on avait appris à réfléchir avant que t’apprennes Ricœur par cœur, et on te le dit : ce n’est pas parce que tu veux instrumentaliser la religion que les cathos te permettront de légitimer l’islam. Parce que c’est pas pareil.

Président, les camarades et moi on est venus te dire : les cathos ne sont pas à vendre, même si certains sont assez bêtes pour se compromettre, ou assez finauds pour croire qu’ils peuvent servir deux maîtres.

Tu vois, quand tu nous dis « eh, les cathos, j’attends que vous vous engagiez en politique, parce que vous êtes des gens cools », eh bien, t’es gentil mais, et d’une, on t’a pas attendu, ça date même un peu (en fait on a quasi inventé la société dans laquelle tu fais de la politique, hein), et de deux, quand on s’engage, ça a pas l’air de te plaire : La Manif Pour Tous, quand t’étais ministre hollandais, on t’a pas trop entendu nous soutenir ni même trouver qu’on avait raison de l’ouvrir, t’étais aussi rare qu’un billet de 500 euros à la quête. Et de trois, vu ce que tu programmes sur GPA et PMA, au nom de l’opinion qui est mûre dans le genre blet, vu la façon dont t’as pas dû lire Laudato Si’ parce que sinon t’arrêterais de servir la soupe aux gros industriels de la malbouffe, vu la manière dont tes premiers de cordée ruissellent qu’on croirait qu’ils nous pissent dessus, eh ben, vu tout ça et tout le reste, ce qui a été dit et ce qui s’annonce, les fêtes que tu souhaites et celles que tu oublies, non, Président Manu, on va pas rouler pour toi. Président, les camarades et moi, on est venu te dire : les cathos ne sont pas à vendre, même si certains sont assez bêtes pour se compromettre, ou assez finauds pour croire qu’ils peuvent servir deux maîtres.

Journaliste

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