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Martial Bild, un homme tranquille

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Publié le

30 mars 2018

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Martial Bild © Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

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Il est à la fois affable et décidé. Ancienne personnalité du Front national, Martial Bild est aujourd’hui une des figures phares de TV Libertés.

 

En 1983, la soirée électorale organisée par la mairie parisienne du XXe arrondissement bat son plein. Comme à son habitude, Jean-Marie Le Pen pavoise. Dans un quartier alors tenu par la droite, la gauche est particulièrement remontée. Des militants socialistes étudiants repèrent alors un visage familier parmi le groupe des frontistes. C’est Martial Bild. Quelques mois plus tard, l’étudiant sera exfiltré par un vigile de la fac de Panthéon-Sorbonne. Un groupe le cherchait pour le faire taire. Pour sa sécurité, il lui a fallu quitter Tolbiac.

 

Martial Bild ne regrette rien. Il termina sa licence d’Histoire à la catho de Paris. Peu avant son service militaire, son genou lâche lors d’un match de tennis. Trois opérations chirurgicales plus tard, le verdict tombe ; il restera chez lui. Mais pas question de se laisser abattre : « J’avais prévu de donner un an à mon pays. Puisque je ne pouvais pas le donner à l’armée, j’ai décidé de le donner au Front. » C’est le début de ses aventures au w, qu’il va contribuer à développer. Son exploit le plus retentissant est d’avoir vendu au moment de la marche des beurs 50 000 badges « Touche pas à mon peuple »… qu’il a fait produire par le même fabricant que son homologue « Touche pas à mon pote » !

 

Lire aussi : Aymeric Chauprade : Macron est un meilleur président que ne l’aurait été Marine Le Pen

 

En 1998, il devient ministre de la famille, dans le « contre-gouvernement » frontiste dirigé par JeanClaude Martinez. C’est un titre qui est cohérent avec son engagement particulier dans ce domaine au sein du FN. C’est d’ailleurs des oppositions virulentes entre plusieurs courants du parti qui le conduisent à démissionner en 2009. Avec une certaine élégance : « Je n’ai parlé à aucun média et pris personne en otage. J’ai tenu à être absolument réglo jusqu’au bout. » Martial Bild lie son engagement à « des principes non-négociables, comme disait Benoît XVI. Si je ne peux pas les défendre, je n’ai plus de raisons de rester ».

Martial Bild lie son engagement à « des principes non-négociables, comme disait Benoît XVI. Si je ne peux pas les défendre, je n’ai plus de raisons de rester ».

Pour ce chrétien fervent qui garde un dizainier au poignet, l’homme politique doit être cohérent avec sa vie privée. Pas question de séparer morale publique et morale privée. Au fond, Martial Bild n’est pas malheureux d’avoir démissionné. Il conçoit la politique comme un moyen et non un but. Et sa reconversion est un défi qui le stimule : « Je voulais démontrer que je n’étais pas seulement un apparatchik. Que je pouvais réussir dans le privé comme chef d’entreprise. » Il dirige pendant cinq ans une brasserie familiale. À l’époque, Le Point titre même un papier « L’ancien du FN sert des petits noirs ». L’ancien refuse obstinément de réagir à ce jeu mesquin et laisse dire. C’était de toute façon « une très belle école de vie. Ça n’était ni facile ni simple, mais j’étais heureux »Ses meilleurs souvenirs de ces années politiques demeurent ses douze ans de conseiller municipal à Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis: « Parce que c’était un mandat de proximité, où l’on fait vraiment quelque chose. »

Le Front, la brasserie, puis TVL: Martial Bild aura eu trois vies mais un seul objectif, s’engager dans le combat des idées et servir son pays.

Spécialiste des nouvelles technologies, trois ans avant YouTube, il monte un site de partage de vidéos (lepen.tv). Après 3615 LE PEN, et la distribution de cassettes audio, il ouvre le premier site internet partisan de France, trois semaines avant celui des Verts. Malgré tout, il considère la technologie comme un outil, pas une fin en soi. Au FN, il a dû faire preuve de créativité pour court-circuiter les médias traditionnels où ses idées étaient inaudibles. Cette expérience et ses années bistrot sont les fondements de l’esprit entrepreneurial de TV Libertés. La web-télé touche désormais plus de deux millions de téléspectateurs par mois et peut se targuer d’être aujourd’hui « le navire amiral de la réinformation ». Le Front, la brasserie, puis TVL: Martial Bild aura eu trois vies mais un seul objectif, s’engager dans le combat des idées et servir son pays. Un engagement qui n’a pas fini de faire frémir les ondes.

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