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Désormais, plus vous défendez une communauté opprimée et plus votre cote sociale est susceptible d’augmenter. Dans cette compétition acharnée pour trouver la plus grande victime, les vegans ont déniché la minorité parfaite : les animaux.
Dinde, foie gras, les plats de Noël ont été généreusement arrosés d’un épais coulis de moraline. En ce début d’année 2018, les encarts publicitaires parisiens montraient des manteaux en cuir dont la fourrure dé- goulinait de sang. Avec la mesure qui les caractérise, les vegans démarrent 2018 en fanfare. L’occasion de faire un point sur une communauté à l’humour bestial.
Tous boucs-émissaires ? Pas vraiment vegane, cette mode !
Dans le marché global de la victimisation, il faut savoir tirer son épingle du jeu. Il existe plusieurs axes de marketing. Classique, la victime-depuis-la-nuit-destemps; un peu complotiste, mais la victime du « patriarcat », cela fait le travail. Efficace aussi, la victime « raciale »; vous maximisez votre score en accrochant vos wagons à l’Histoire du XXe siècle. Plus habile encore, vous pouvez faire des combos: par exemple l’afro-féminisme consiste à multiplier la victimisation « sexiste » par la victimisation « raciale » pour doubler vos points. Sur ce marché, les vegans sont vernis: ils béné- ficient de l’aide des animaux. Pas d’animal, pas de souffrance vegane. Mais cette course libérale aiguise la concurrence. Obtenir une médaille de reconnaissance sociale pour aide-à-communauté-en-danger se complique.
Déjà parce que pour classer des groupes par leur souffrance, il faut des boucs émissaires: tout le monde devient l’oppresseur de quelqu’un, et chacun met en exergue sa propre victimisation. Ce qui confine à l’absurdité et nous jette les uns contre les autres. Ainsi, ces féministes qui protègent leurs oppresseurs « racisés », par peur de donner du grain à moudre à ceux qui, croient-elles, discriminent déjà ces communautés. D’autre part, des minorités rétives finissent par refuser l’aide solidairement apportée. Une curieuse conception de la dignité les pousse à travailler pour dépasser leurs difficultés par leur volonté et leurs qualités propres.
C’est lorsqu’on va au bout de la démarche vegane qu’on s’aperçoit de son absurdité, ce qui est précisément le cheminement inverse d’une bonne idée.
Alors, le phénomène vegan est-il une cause ou une conséquence ? En réalité c’est un coup de génie. Dans cet esprit, l’animal est la communauté parfaite : oppressée partout, depuis toujours et par tout le monde.
C’est lorsqu’on va au bout de la démarche vegane qu’on s’aperçoit de son absurdité, ce qui est précisément le cheminement inverse d’une bonne idée.
Au bout du concept, ou en son cœur, il y a cette idée que l’homme ne doit avoir aucune interaction avec la nature, puisque tout impact est assimilé à une destruction. Respirer, vivre, c’est utiliser l’oxygène et donc en priver un animal. Mais c’est aussi produire de la chaleur et faire vivre les acariens de votre lit. L’équation est impossible ! Et puisque le veganisme est un universalisme qui s’étend aux animaux, que dire à un prédateur carnivore ? Qu’il est temps de faire sa transition écologique ? Un lion pourra-t-il assimiler des valeurs de respect et abandonner les antilopes que sa femelle chasse pour des petits pois ramassés en prenant soin de ne pas écraser de vers de terre ?
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L’enfer est pavé de bonnes intentions. Les images de L214, obtenues certes illégalement, sont insoutenables. La souffrance inutile est quelque chose qui révolte les hommes de bon sens. Le combat pour l’amélioration des conditions de vie et de mort des animaux est sain. Mais ce fondement originel noble a servi de prétexte à un jusqu’au-boutisme qui a discrédité tout ce combat. Le vegan est le symptôme d’une époque confuse, où l’on peine à distinguer formes sectaires, communautarisme et bien commun.
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