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Métavers : de fantasmes en baudruches

La semaine dernière, le groupe Facebook de Mark Zuckerberg est devenu « Meta ». Objectif : faire la promotion du métavers, cette réalité virtuelle, fictive et fluorescente où chacun pourra vadrouiller et consommer à souhait. Toutefois, une certaine « rationalité physiologique » de l'homme pourrait faire de ce fantasme transhumain un immense fiasco.

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© DR

Vous avez remarqué comme Mark Zuckerberg ressemble de plus en plus à H.P Lovecraft ? Visage émacié, pâleur de cadavre, front légèrement proéminent, regard hanté par quelques abîmes lointains. Sauf que les abominations qui sortent de la tête du patron de Facebook sont bien réelles, ou en passe de le devenir. Confronté à une polémique douloureuse depuis la publication des Facebook Files qui ont mis en lumière des pratiques pour le moins litigieuses et un certain goût pour la dissimulation, la firme botte en touche et surfe sur la tendance qu’elle a elle-même initiée. En se rebaptisant « Meta », elle place au centre des attentions médiatiques le graal des gamers et technolâtres de tout poil : la création d’un univers virtuel persistant dans lequel les usagers pourront interagir, sans « autre limite que leur imagination » et les outils mis à disposition par les sorciers du web. Car un univers tout aussi virtuel qu’il soit sera toujours « manufacturé ».

La vidéo d’entreprise publiée par Zuckerberg la semaine dernière pour lancer le projet « Meta » en grande pompe a quelque chose de presque suranné, en tout cas pour un amateur de SF : le « métavers » n’est jamais qu’une énième déclinaison de la matrice, une vieille lubie cyberpunk inventée par les pionniers du genre au début des années 80 et popularisé tardivement par le film Matrix. La matrice, le méta-univers, la technosphère, appelez-la comme vous voulez, pourrait donc « enfin » devenir une réalité. On crédite souvent l’invention du métavers à Neal Stephenson et son roman Snow Crash (1992), mais c’est oublier que dès 1988 le jeu de rôle Cyberpunk 2020 offre la possibilité à des « netrunners » de voyager à travers une représentation polygonale du réseau informatique mondial. C’est oublier également que les univers-gigogne de Philip K. Dick regorgent de mondes factices entièrement générés par des entités démiurgiques (Le Dieu revenu du Centaure) ou par des programmes (Au bout du labyrinthe). [...]

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