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Mic-mac à la slovaque

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Publié le

20 octobre 2018

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La Slovaquie, qui s’est séparée progressivement de l’ensemble tchécoslovaque à partir du 1erjanvier 1993, est moins sous le feu des radars que ses voisins immédiats. Son évolution politique et sociologique dans le monde post-communiste n’en est pas moins intéressante. D’une certaine manière elle reflète la nouvelle frontière qui tend à s’installer dans le paysage idéologique européen.

 

Commençons par quelques faits historiques: la Slovaquie, outre la période pré-médiévale pendant laquelle elle formait un royaume avec les Moraves, la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle elle constituait un État indépendant inféodé au IIIe Reich, n’a jamais été réellement indépendante. Elle a été l’une des réserves agricoles de l’Empire d’Autriche et du Royaume de Hongrie avant 1918. Elle est devenue postérieurement une province puis une république au sein de la Tchécoslovaquie avec ses cousins tchèques (et moraves). En 1993, elle accède de manière pacifique à l’indépendance. D’abord gouvernée par Vladimir Me?iar jusqu’à la fin des années 90, dans un style poutinien avant l’heure (autoritarisme malgré un système pluripartite, refus d’entrer dans l’OTAN, exaltation des traditions et de l’identité intrinsèque slovaques – en réaction aux anciennes puissances régionales dominantes, allemande, tchèque ou encore hongroise), elle a connu une normalisation démocratique à l’occidentale depuis 1997, date à laquelle M. Meiar perd les élections au profit de M. Schuster. Celui-ci entreprend une ouverture et une modernisation économique du pays, thérapie libérale de choc.

 

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Cette modernisation qui, malgré les différents gouvernements de coalition qui se sont succédé depuis, a porté ses fruits en matière de développement humain. La Slovaquie d’aujourd’hui a non seulement rattrapé son retard économique et structurel par rapport à ses voisins, mais les a souvent largement dépassés. Du point de vue géopolitique, elle s’est rapprochée de l’Occident, sans toutefois en adopter aveuglément la doxa. Ses gouvernements successifs ont toujours maintenu une proximité avec la Russie et une bienveillance envers la Serbie, tout en gardant une extrême proximité, aussi bien institutionnelle que politique, avec le voisin et grand frère tchèque.

Les élections de 2006 puis de 2010 et les scrutins postérieurs ont cependant dessiné une nouvelle frontière idéologique. Ainsi, l’alternance de 2010, qui a vu s’opposer le Smer-SD (lointain descendant du Parti Communiste unique et principal parti politique slovaque), pourtant associé au niveau européen à la gauche social-démocrate, au SDKU associé à la démocratie chrétienne, est le reflet de la fracture sociologique qui
traverse la Slovaquie. Le système de proportionnelle intégrale a vu l’émergence de nouvelles coalitions, qui appuient la thèse de la nouvelle frontière idéologique, initiée en Slovaquie, et qui maintenant traverse une grande partie du vieux continent. Cette nouvelle frontière idéologique est, comme le lecteur l’aura deviné, celle séparant d’un côté les mondialistes et de l’autre côté les patriotes.

 

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La vieille ségrégation droite/gauche n’existe presque plus dans les faits. Dans le cas slovaque, nous avons une coalition gouvernementale intégrée par le Smer-SD, le SNS (parti national slovaque, nationaliste de droite forte et à la fois parti le plus ancien de Slovaquie) et finalement le Most-Hid, appartenant au PPE au niveau européen et qui en Slovaquie représente les intérêts de la frange la plus modérée de la minorité magyare. Il est intéressant de noter que ce parti, le Most-Hid, était auparavant plutôt situé dans l’opposition au groupe de partis organisés autour du Smer-SD, du SNS ou du parti (aujourd’hui disparu des radars) de l’ancien président Me?iar. Probablement sous l’influence du Fidesz hongrois de Viktor Orbán, le Most-Hid a évolué vers une position beaucoup plus favorable au Smer-SD, qui s’est matérialisée par son entrée dans la coalition gouvernementale.

L’opposition en Slovaquie est aussi très désunie. Remarquons le bloc autour du parti SaS (Liberté et Solidarité), parti centriste, presque macronien avant l’heure, et qui regroupe dans les élections successives un ensemble hétéroclite de partis dits de centre-droit (le SDKU aujourd’hui disparu, le vieux parti chrétien-démocrate KDH – tiraillé entre son positionnement sociétal conservateur et son allégeance à la CDU de la chancelière Merkel qui a largement trahi ces idéaux).

 

Patriotes contre mondialistes

La fracture idéologique sociétale et politique qui traverse la Slovaquie actuelle est apparue au grand jour lors des manifestations anti-gouvernementales récentes, après le décès du journaliste lié aux milieux libéraux Jan Kuciak et de sa compagne au printemps 2018. Une fois de plus, patriotes et mondialistes se sont fait face. Ces derniers, sous l’impulsion des milieux libéraux-libertaires abreuvés de financements téléguidés par le magnat mondialo-immigrationniste américain George Soros, mais aussi avec le soutien tacite du président de la république Slovaque (fonction honorifique), élu contre toute attente en 2014, ont ravivé toute la frange urbaine bobo-libertaro-mondialiste contre un gouvernement Fico très implanté dans la Slovaquie rurale, profonde et authentique.
Ils ont réussi à ébranler la structure étatique (M. Fico a dû céder sa place au jeune Peter Pellegrini) sans toutefois parvenir à renverser le pouvoir démocratiquement élu par les citoyens slovaques. Le parallèle entre
ces manifestations et celles anti-Orbán en Hongrie, anti-PiS en Pologne, anti-Babiš en République Tchèque ou bien encore anti-PSR en Roumanie, est édifiant. À chaque fois, on assiste à un ersatz de la macronie
d’Europe Centrale en mouvement qui se bat pour bafouer le résultat d’élections démocratiques, avec la savoureuse habileté de regrouper dans un seul mouvement des représentants des no-borders, des lobbies LGBT les plus virulents, des tenants de l’économie mondiale financiarisée, des défenseurs de l’islam en Europe et du droit aux migrants…

 

On assiste à un ersatz de la macronie d’Europe Centrale en mouvement qui se bat pour bafouer le résultat d’élections démocratiques, avec la savoureuse habileté de regrouper dans un seul mouvement des représentants des no-borders, des lobbies LGBT, des tenants de l’économie mondiale financiarisée, des défenseurs de l’islam en Europe et du droit aux migrants…

 

Bref, pour résumer le tout sous un commun dénominateur, tous ceux qui oeuvrent pour une inversion civilisationnelle. A contrario, les patriotes, que l’on retrouve principalement autour (mais pas seulement) du gouvernement actuel, ont une feuille de route fondée sur les valeurs contraires. Rien que sur les questions sociétales par exemple, il est intéressant de noter que les concessions réclamées par les minorités sexuelles ou celles se réclamant de l’islam politique (heureusement inexistant en Slovaquie) ne sont pas du tout envisagées par les partis de gouvernement. Aussi l’alliance récurrente entre le social-démocrate Smer-SD et la droite dure du SNS a valu au premier de nombreux rappels à l’ordre émaillés de demandes d’exclusion du groupe PSE. Ces demandes d’exclusion ne sont pas sans rappeler celles qui, au sein du Parti Populaire Européen demandent l’exclusion de Fidesz et d’Orbán, et qui émanent de partis et de personnalités politiques proches des libéraux-mondialistes d’Angela Merkel ou de cadres ayant claqué la porte des Républicains, tels l’euro-député Alain Lamassoure ou l’ancienne maire de Strasbourg Fabienne Keller (intégrée au groupuscule Agir).

À l’aube des élections européennes décisives de mai 2019, nous voyons comment la Slovaquie, en précurseur d’un mouvement de fond traversant le continent, connaît depuis déjà plus de dix ans ce nouveau clivage entre mondialistes sans racines ni valeurs, et patriotes soucieux de la préservation des identités nationales d’abord et européenne ensuite. Le vieil antagonisme droite-gauche est assurément en train de mourir. Il appartient aux patriotes de toutes les nations et provinces de notre vieille Europe de relever le défi civilisationnel qui est de porter, de l’Atlantique à l’Oural, la solution salutaire et existentielle qui lui permettra de survivre en tant que telle.

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