Vendredi 17 mars, Joris Hébrard, le député RN de la première circonscription du Vaucluse, inaugurait la plus grande mosquée de la région à l’invitation de l’Association culturelle franco-turque du grand Avignon : 6900 m² carré sur 1500 m² de terrain, deux salles de classe, une bibliothèque, un salon de thé, un dôme et un minaret explique Le Point, qui révéla l’information… le tout pour une capacité d’accueil de 2 700 personnes, et baptisé « Fatih » en hommage à celui qui a pris Constantinople aux chrétiens.
Si l’élu RN n’a pas communiqué sur sa présence, l’association culturelle franco-turque ne s’est pas privé pas de publier des photos sur ses réseaux sociaux déclenchant une vive polémique, d’autant plus Joris Hébrard s’était déjà fait remarqué quelques années plus tôt en posant la première pierre de l’édifice alors qu’il était maire du Pontet.
En riposte aux attaques des militants Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, le collaborateur de l’élu a déclaré dans les colonnes du Point : « Joris Hébrard assume totalement. Pourquoi aurait-il refusé de se rendre à l’inauguration, alors qu’en tant que parlementaire, il peut être reçu à l’ambassade de Turquie ? La communauté turque fait partie du Pontet, elle est dynamique, elle compte de nombreux entrepreneurs ». Certes, mais lorsqu’on connait l’influence turque grandissante dans les réseaux islamistes, sa structuration pilotée depuis Ankara conjuguée aux clientélismes d’élus locaux de gauche comme de droite, la réponse peut surprendre. « La France change de visage, il va falloir que Reconquête ! s’y fasse » ajoutait non sans provocation le collaborateur de Joris Hébrard, accréditant la thèse du Grand remplacement portée politiquement par Éric Zemmour et que refuse de reprendre à son compte le Rassemblement national.
« L’influence islamiste de la Turquie en Europe doit être fermement combattue » Jordan Bardella
« Il s’agit d’un édifice proche du Ditib Dyanet, le sulfureux ministère turc des Affaires religieuses, bras religieux du pouvoir autoritaire d’Erdogan qui l’utilise comme outil de subversion et d’ingérence dans les pays étrangers. Une branche qui avait étonnamment refusé de signer la charte de l’islam de France du ministère de l’Intérieur » a expliqué Marion Maréchal, avant de s’interroger sur l’origine du financement : « Au regard de l’ampleur de l’édifice, l’on peut douter qu’il ait été uniquement financé par les croyants du département. Plusieurs questions se posent donc : Ce complexe islamique a-t-il été financé par des versements venus des membres de l’OCI (organisation de la coopération islamique), principal organe financier qui permet la ventilation des capitaux issus de la finance islamique ? »
Interrogée lors d’une conférence de presse, Marine Le Pen a immédiatement répliqué : « C’est une initiative personnelle de ce député que je désapprouve très clairement, nous en discuterons, c’est comme avec le fisc, il y a le droit à l’erreur, mais une seule fois. »Même son de cloche du côté de l’un des cadres du Rassemblement national : « Je ne comprends pas, c’est vraiment n’importe quoi, il tourne le dos à ce qui fait le cœur de la mobilisation de notre électorat »relaye Le Figaro. Enfin, le président du parti Jordan Bardella annonce la convocation du député devant le bureau exécutif, expliquant à nos confrères de Valeurs Actuelles que « l’influence islamiste de la Turquie en Europe doit être fermement combattue ».
Affaire à suivre…





