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C’était dans le numéro de janvier du féminin Marie Claire. Yann Moix s’épanchait sur sa vie sentimentale : « Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout. Point. Je ne vais pas vous mentir. Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout ».
Il ajoutait: « Je ne sors qu’avec des Asiatiques. Essentiellement des Coréennes, des Chinoises, des Japonaises. Je ne m’en vante pas. On essaie d’être dans la vérité et dans la franchise. Beaucoup de gens seraient incapables de vous l’avouer car c’est du racialisme. C’est peut-être triste et réducteur pour les femmes avec qui je sors, mais le genre asiatique est suffisamment riche, large et infini pour que je n’en aie pas honte ».
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En aurait-il en fallu plus pour faire monter au créneau les professionnels du scandale, avec à leur tête, une armada de femmes quinquagénaires bien décidées à faire entendre qu’il faut savoir sacrifier les goûts pour ne pas enfreindre les principes? Assurément non, si l’on s’en fie au nombre incroyable de dénonciations qui ont obligé l’auteur à se rendre à Canossa – ce qui est une constante chez lui – avec des arguments qui n’avaient pas plus de sens que sa première saillie puisque les appétences ne se justifient pas.
En libre accès : l'éditorial de @JdeGuillebon, de notre numéro spécial #Libéralisme ?? https://t.co/VLSB425Ldb #Lundi #Lincorrect
— L'Incorrect (@MagLincorrect) February 4, 2019
Dans l’application du reniement du réel, l’inclination des appréciations est un ennemi à abattre. Il faut objectiver les goûts et les couleurs. Proclamer que l’art est relatif et que l’étron d’Andres Serrano ou celui de Paul McCarthy valent un Botticelli. S’accorder sur la neutralité des genres, des races, des âges, des civilisations. Et c’est ainsi qu’autant de gens, autant de goûts différents ne tient pas. Et c’est ainsi que la mégère rivalise naturellement avec la jeune fille en fleur.
En aurait-il en fallu plus pour faire monter au créneau les professionnels du scandale, avec à leur tête, une armada de femmes quinquagénaires bien décidées à faire entendre qu’il faut savoir sacrifier les goûts pour ne pas enfreindre les principes?
Mais la réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie et ceux qui travaillent à se délivrer de la fiction postmoderne le savent. Il suffit de convoquer Houellebecq, les « vieilles putes » et autres « salopes » qui peuplent ses romans; d’oser voir le dégoût du corps des femmes matures qui, dans Les particules élémentaires, « vieillissent dans la solitude et dont le vagin est virtuellement mort ». La nature est cruelle, pour ne pas dire fasciste.
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On donnera bien sûr raison à Moix de réclamer la liberté de disposer de lui-même et des nymphes qu’il met dans son lit, de préférer la fraîcheur à la décrépitude. Mais contre cette amabilité, on lui demandera aussi de poursuivre logiquement le raisonnement. Car comment ne pas concevoir que s’agréger avec quelqu’un de sa sorte s’étend aux autres domaines de la relation; que l’on préférera un voisinage à nos conditions, une collectivité à notre volonté, un pays à notre inclination ?
Les productions de Michel #Onfray se suivent et se ressemblent avec leur cohorte d’imprécisions et de contresens, leur mauvaise foi flagrante, et toujours le même refus obstiné de problématiser, c’est-à-dire de philosopher vraiment. https://t.co/C82rndT3C3
— L'Incorrect (@MagLincorrect) February 7, 2019
En d’autres termes, que l’on ne saurait se faire imposer, fût-ce par l’indignation caractéristique de notre temps, avec qui nous devons vivre ou composer? S’inscrivant dans une dialectique sophiste, la charité pourrait bien commander l’inverse. Mais est-ce à dire qu’il faudrait désormais honorer les cacochymes et les callipyges? Il y a le Moix de Calais et ses philippiques à destination d’un peuple dont il voudrait réprouver les aspirations profondes.
Il y a le Moix de la Corée, de la Chine et du Japon qui réclame des préférences à sa ressemblance. Dans cette dualité bien pratique qui dispense d’appliquer ce que l’on ordonne aux autres, Moix démontre une chose avec talent: nul ne peut être au goût de tout le monde.
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