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Municipales Lyon : la révolte du vieux monde

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Crédit : DR

La messe était dite. La percée écologiste, qui lors du 1er tour des élections municipales a explosé la vie politique de la plupart des grandes villes françaises, allait porter à la tête des hôtels de villes des écologistes alliés à d’anciens socialistes, insoumis et autre radicaux de la gauche arc-en-ciel.

 

 

3 ans après avoir porté Emmanuel Macron aux nues, l’électorat urbain de province se détourne du nouveau monde techno-libéral déjà périmé et balayé par celui écolo-radical de Greta Thunberg et de ses apôtres : d’anciens routiers socialistes reverdis s’adressant avec habileté à un électorat jeune dépolitisé inquiet pour son avenir.

 

La cause écologiste française a déjà su s’emparer en 2014 de Grenoble pour en faire son laboratoire. Une expérimentation politique et sociale inédite menée depuis 6 ans : cabale contre la publicité, politique anti voiture la plus extrémiste de France, explosion de la délinquance et du crime, chute de l’immobilier, camps de migrants, salles de shoot, financement d’associations indigénistes…

La cause écologiste française a déjà su s’emparer en 2014 de Grenoble pour en faire son laboratoire.

 

Derrière le vert, c’est en fait le pire de l’extrême-gauche qui est le fil rouge de l’expérience infernale grenobloise. Eric Piolle étant même devenu une référence quasi présidentiable pour cette gauche, un mètre étalon pour Anne Hidalgo qui désespère de ne pouvoir dupliquer une telle radicalité dans un Paris encore riche et prospère.

 

Malgré cette invasion barbare qui menace les microcosmes politiques locaux, l’heure et à la résistance. À l’image de l’arrivée d’une horde de sénateurs écologistes sans cravates à la buvette du Sénat en 2014, le hold-up vert des hôtels de ville est très mal vécu par des élus qui depuis des décennies se partagent les responsabilités.

 

Le premier coup de feu sonnant l’insurrection de ce vieux monde provincial est venu de Lyon. Ville centriste par excellence, plus giscardienne que chiraquienne, fief de Raymond Barre et Michel Noir, elle a été raflée en 2001 par le socialiste Gérard Collomb sur les brasiers de la guerre intestine entre la droite milloniste et localiste (qui avait rompu avec Jacques Chirac et François Bayrou en acceptant des voix d’élus FN au conseil régional) et l’alliance des grandes formations parisiennes emmenée par Michel Mercier pour punir l’intrépide.

 

Millonistes, centristes, barristes, socialistes, radicaux, ils se sont détestés, trahis mais retrouvés dans la passion de Lyon, d’un certain art de vivre à la lyonnaise, une approche politique modérée, épicurienne et franchement anti parisienne.

 

Lire aussi : Municipales : les marcheurs à l’arrêt

 

Mais voilà, les barbares sont à la porte et celle-ci est prête à céder. Face à la menace les meilleurs ennemis d’hier ont décidé de s’allier.

 

Gérard Collomb, l’ancien héraut de l’aile droite du PS, proche du milieu économique lyonnais, de Dominique Strauss Khan, Manuel Valls puis parrain politique déçu d’Emmanuel Macron, s’est allié avec la droite catholique sociale de Charles Million représentée par Etienne Blanc, la droite filloniste et sécuritaire de François-Noël Buffet, tous deux placés sous l’ombre d’un Laurent Wauquiez redoutable manœuvrier depuis sa diète médiatique mais finalement supplanté par les caciques lyonnais pur sucre. À Lyon un mariage arrangé se fait en famille.

 

C’est bien une révolution qui frappe la vie politique française. Pas une révolution de palais parisiens non, mais de traboules et tables lyonnaises. Les conjurés ont fait fi des consignes des grands états-majors, celui de Gérard Collomb ayant refusé de choisir entre le parrain Collomb et son ex dauphin a ouvert un boulevard à cet accord inédit

C’est bien une révolution qui frappe la vie politique française. Pas une révolution de palais parisiens non, mais de traboules et tables lyonnaises.

L’élite politique lyonnaise, soutenu par les grands chefs d’entreprises de Mérieux à Aulas et GL events, a fait bloc. Contre la menace de l’extrême gauche verdie sur l’économie et l’attractivité de la métropole, les parrains du vieux monde ont pactisés autour d’un mâchon.

 

L’union bénie par le Primat des Gaulles est celle du catholicisme social et de la franc-maçonnerie qui se partagent la capitale des Gaules depuis le 19ème siècle. Par cette manœuvre Gérard Collomb se fait hara kiri en refusant de présider la métropole. Mais en éminent helléniste il fait le choix de la civilisation et de la postérité contre la radicalité des khmers verts qui ruineraient le bilan de ses 20 ans de règne en quelques mois.

 

Antoine Keller

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