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Nadia Hamour : une républicaine

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Publié le

17 juin 2018

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Nadia Hamour © Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

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Elle est née à Paris et à force de travail devenue docteur en histoire : Nadia Hamour porte chez Les Republicains une parole decapante sur l’intégration.

 

Elle a toujours assumé d’être une femme de droite. Y compris à une époque pas si lointaine où cet aveu coupable vous assimilait à un fasciste sans possibilité de rédemption morale. Comment en arrive-t-on là lorsqu’on naît en banlieue d’une famille algérienne ? « Par connaissance de l’histoire. En m’y intéressant vers le collège, je me suis aperçue que les premiers résistants étaient de droite. Que les premiers à avoir fait la course aux colonies étaient de gauche »Nadia Hamour a été élevée par sa mère, laquelle croyait fermement que le savoir procuré par l’école était le seul moyen d’élévation sociale. Dans un quartier où les divertissements étaient rares, aller a l’école était un moyen privilégié de s’évader par le savoir. Ce goût de la connaissance l’a portée jusqu’en prépa ou elle rate de peu l’École normale. Refusant de cuber, Nadia décide de poursuivre un cursus universitaire jusqu’au doctorat d’histoire, spécialisé dans le monde arabe. C’est d’ailleurs a l’université qu’elle apprend l’arabe littéraire ; sa mère refusait de le parler a la maison pour ne pas compromettre son intégration.

C’est lors de ces années tres épanouissantes qu’elle découvre la politique en entrant dans le cabinet de Fadela Amara. L’ancienne présidente de Ni putes ni soumises était alors secrétaire d’État a la ville, sous la tutelle du ministère de Christine Boutin. Sarkozy les avait volontairement mises dans le meme panier pour qu’elles se neutralisent l’une et l’autre. Pendant ces années de combat politique permanent et quotidien, Nadia Hamour infléchit la stratégie de Sarkozy pour les banlieues : « Nous avons contribué à désenclaver. Nous avons essayé d’instaurer la méritocratie républicaine avec les internats d’excellence, les prépas intégrées pour l’ENA, de tirer tout le monde vers le haut ».

« Quand j’étais petite, j’accompagnais parfois mes amis au catéchisme, c’était un moyen de découvrir la culture occidentale. » Nadia Hamour

Apres la défaite de 2012, elle quitte le cabinet du ministre mais reste dans son ministere en qualité de fonctionnaire. Elle consacre son temps libre au militantisme pour l’UMP : elle épaule Nathalie Kosciusko-Morizet lors des municipales a Paris, puis Valérie Pécresse aux régionales. Elle fait meme un passage à la mairie d’Aulnay-sous-bois avant de se faire virer par Bruno Beschizza pour ses propos forts sur le voile. En 2017, elle élabore le volet politique de la ville de François Fillon. Avec une conviction : « Il faut désenclaver.  Arrêter de tout mettre au pied des immeubles ; les mairies annexes, les associations… La priorité est de casser ces ghettos religieux et ethniques. Ça passe par la politique de peuplement, et elle est aux mains des maires et des préfets ».

Nadia Hamour scolarise son fils dans une école privée : « J’ai vu la perte de l’exigence, de la discipline, de l’autorité, et je me suis dit que je ne voulais pas ça pour mon fils ». Un choix fort pour une femme qui doit beaucoup a l’école publique mais cohérent avec sa volonté de poursuivre pour son enfant le travail d’intégration commencé par sa mere. Malgré sa foi musulmane, elle considere important son fils ait des connaissances religieuses chrétiennes : « Quand j’étais petite, j’accompagnais parfois mes amis au catéchisme, c’était un moyen de découvrir la culture occidentale. Pour décrypter un tableau du Caravage ou de Brueghel on a besoin de ces codes ! »

 

Lire aussi : Erik Tegnér « Il faut que les républicains choisissent leur camp »

 

Désormais, l’ancienne secrétaire nationale a l’intégration des Républicains s’est mise en disponibilité de son ministere et se consacre a plein temps a la région Île-de- France dans l’équipe de Valérie Pécresse. Un bon moyen d’oublier la douloureuse fin de campagne présidentielle et sa déception de ne pas avoir été investie dans sa circonscription de Seine Saint-Denis au profit d’un parachuté. Mais surtout une opportunité de peser dans les débats aux Républicains, « où franchement l’opposition ça ne vole pas très haut. Et une opposition, ça commence d’abord par concevoir un projet. ». Tout un programme.

 

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