Comment est né « Navis Fidélis », organisme de rencontre entre catholiques ?
L’idée vient de l’abbé Spriet, et elle part d’un constat : une certaine part des catholiques pratiquants, passé 26 ans, sont toujours célibataires et pour certains désespèrent un jour de trouver l’âme-sœur. Fort de ce constat, on s’est demandé comment on pouvait les aider. L’abbé Spriet avait commencé par former un groupe de rencontre pour célibataires au sein de la paroisse Saint-Georges à Lyon. Cette initiative a été plébiscitée par tout le monde, et par la suite l’abbé a eu l’idée d’exporter le concept pour le généraliser, afin que l’on sorte du côté restreint de la paroisse tout en restant dans le cercle des catholiques pratiquants. Il en est naturellement arrivé à créer un site internet et de fil en aiguille, on en est arrivé aux deux spécificités de notre site de rencontre : il faut être parrainé par un prêtre, et les rencontres ne se font pas en ligne, mais lors d’événements.
Le site de rencontre est accessible à partir de 26 ans. Pourquoi avoir mis en place cette limite d’âge ?
Il y a des gens de tous âges sur Navis Fidelis, de 26, 30 ou 40 ans. On a mis en place un système de tranche d’âge sur le site parce que les gens cherchent des personnes qui ont le même âge qu’eux. Ainsi, lorsqu’une personne crée un événement, elle peut choisir de mettre une tranche d’âge. Pour revenir sur la limite d’âge – parce que cela peut effectivement sembler arbitraire : entre 18 et 25 ans, c’est l’âge où l’on fait des études et où l’on peut faire des rencontres. Après 25 ans, on entre dans la vie active et c’est plus difficile de faire des rencontres. Nous avons remarqué à la paroisse Saint-Georges que le célibat devenait problématique passé un certain âge parce que les jeunes femmes qui veulent fonder un foyer n’ont pas toute la vie devant elle.
Lire aussi : « Il faut constitutionnaliser le caractère sacré de la vie »
Se rencontrer lors d’événements est-il un frein ou une impulsion pour faire des rencontres ?
On a les deux retours. Les personnes extraverties trouvent cela excellent pour faire des rencontres, tandis que les personnes introverties vont être un peu plus rebutées par ce système. De toute façon, il va bien falloir se rencontrer en vrai tôt ou tard, alors autant le faire tout de suite, d’autant plus que les rencontres ne sont jamais des tête-à-tête, ce sont toujours des événements en groupe.
Est-ce qu’avec seulement 2 % de catholiques pratiquants, vous n’allez pas être à court de demandes ?
Nous voulons simplement aider les gens à fonder un foyer, donc si plus personne n’a besoin de nous, tant mieux ! Je dis cela en rigolant, mais en réalité, ça va se renouveler : il y aura toujours des personnes atteignant les 26 ans et étant célibataires. Mais effectivement, on s’adresse à un public de niche, et étant 750 sur le site, ce ne serait pas un problème si on avait un système de « matchmaking » classique : si vous coupez la poire en deux, ça fait 325 matchs possibles. Mais on fonctionne par événement et il peut être malheureusement compliqué de trouver un événement près de chez soi quand on habite à la campagne.
Lorsqu’une personne demande à un ecclésiastique de devenir son référent, on observe souvent que ce même curé va parrainer plusieurs personnes dans la foulée
Pour créer un compte sur le site, il faut être parrainé par un prêtre. Une question se pose donc : les prêtres français sont-ils bien au courant de votre initiative ?
Effectivement, c’était un peu notre stratégie de communication au début : utiliser le relais des prêtres pour nous faire connaître. On en attendait davantage de la part du clergé, c’est-à-dire que certains prêtres nous ont aidés et on les en remercie, mais les évêques en revanche sont assez inaccessibles. Néanmoins, nous avons plus de 400 ecclésiastiques référents, ce qui montre que nous avons été relayés. Et lorsqu’une personne demande à un ecclésiastique de devenir son référent, on observe souvent que ce même curé va parrainer plusieurs personnes dans la foulée.





