Nicolas Lebourg : « La droitisation est un phénomène transatlantique »

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Historien et politiste, Nicolas Lebourg est l’auteur de Faright politics in Europe (avec Jean-Yves Camus, Presses universitaires d’Harvard). Il publie ce mois-ci La Violence des marges politiques (avec Isabelle Sommier, Riveneuve). Observateur attentif de la vie politique, notamment des droites, il s’est spécialisé dans l’étude de l’extrême droite. Confrontation courtoise avec un « fafologue ». Croyez-vous le clivage opposant la droite et la gauche toujours d’actualité, quand l’essentiel de la classe politique manifestait sa volonté de s’en défaire lors de la dernière élection présidentielle ? Ce clivage demeure amplement. 2017 a été spécifique, puisque d’une part la question depuis 2015 est celle du « rassemblement » (c’est une vieille obsession française, c’était déjà la question des ligues au XIXe), et que d’autre part chacun des candidats s’est présenté comme celui qui liquiderait le « système », « l’ancien monde », etc. Une enquête d’octobre 2016 sur 17 047 sondés proposait six items pour construire un score de populisme de 1 à 5 : elle aboutissait à une moyenne de 3,9 et enregistrait les plus hauts scores parmi les personnes s’auto-positionnant certes aux extrêmes mais également au centre, ce qui contribue à éclairer la stratégie d’Emmanuel Macron. Entre un Fillon ordo-libéral et un Hamon éco-socialiste, il a pu rassembler à la fois les modérés et des agacés. Le populisme transversal a été très bien appliqué par Jean-Luc Mélenchon, mais il a aussi pu le faire parce que (...)
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