Notre-Dame-des-Landes : Mad Max en Pays de la Loire

@DR

 

Les images qui arrivent de Notre-Dame-des-Landes sont tout bonnement insupportables. Quelques dizaines d’individus semi-clochardisés occupent illégalement des terres qui ne leur appartiennent pas, défiant l’Etat et la population locale. Et pourtant, certains courants de l’opinion, parfois même de droite, trouvent le moyen de défendre ces zozos nuisibles et désocialisés, qui vivent dans la crasse la plus totale, dans des bidonvilles sordides faits de bric et de broc depuis lesquels ils se soustraient aux règles de civilité les plus élémentaires, refusent toute espèce d’autorité, régressant à un stade de l’évolution humaine qui, à bien des égards, souffrirait de la comparaison avec l’ère du Néolithique.

 

Il faudrait « débattre » avec ces bons sauvages bien de chez nous, idéalisés, assimilés à des Elfes des bois vaguement babas, mais bien décidés à défendre le terroir antique de nos ancêtres, prêts à s’enraciner dans les forêts pour défendre un mode de vie sain, pastoral. Osez dire que ce sont des squatteurs parasites qui n’ont pas le droit de bloquer des projets, et l’on dira de vous que vous êtes un « droitard », un cliché vivant de bourgeois tout juste bon à recracher les chroniques d’Eric Brunet et d’Ivan Rioufol. Pourtant, dans les ZAD (zones autonomes à défendre) de France et de Navarre, point d’agriculture biologique et de belles constructions en dur.

Qu’y trouve-t-on ? Des « marginaux » au sens classique du terme, consommant toutes sortes de drogues, éclusant les cubitainers de gros rouge qui tâche et les bières 8.6, se bourrant la tête de hard tech de « teufs », vivant au milieu des chiens sales et des petits animaux de ferme dans des conditions d’hygiène indignes d’un pays comme la France. Mad Max II dans les Pays de la Loire ! Dans le lot, c’est probable, des « routards du crime » semblables à Francis Heaulme ou Michel Fourniret, venus là pour se faire oublier et vivre d’expédients. Et dire que certains vont jusqu’à voir en eux des sortes de néo tribus gauloises destinées à inspirer une jeunesse en quête de liberté, quand, de l’autre côté, les gendarmes chargés de tenter d’y ramener l’ordre doivent parfois vérifier qu’ils n’y ont pas attrapé la gale…

Osez dire que ce sont des squatteurs parasites qui n’ont pas le droit de bloquer des projets, et l’on dira de vous que vous êtes un « droitard », un cliché vivant de bourgeois tout juste bon à recracher les chroniques d’Eric Brunet et d’Ivan Rioufol.

Il arrive même qu’on théorise sur ces ZAD, d’aucuns s’inspirant de Michel Maffesoli pour qui « La modernité c’est l’individualisme, la postmodernité c’est la communauté ». Les « zadistes » seraient donc des postmodernes inventant les communautés utopiques de demain, coupées des centres de décision. Dans cette optique, l’Etat est un ennemi en guerre contre l’épanouissement de solidarités particulières, le plus souvent ethniques. L’homme est vu en hobbit, et les Français devraient faire le choix de se retirer pour enfin redevenir ce qu’ils furent. Pourquoi pas tourner en rond autour de dolmens afin de communier autour de l’immuable nature ? Une involution qui ne séduit qu’aux marges du spectre politique. La réalité, elle, saute aux yeux du péquin moyen : il faut rétablir l’ordre public et virer les « autonomes » le plus rapidement possible.

 

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Si l’Etat ne le fait pas immédiatement, des dizaines de ces zones autonomes se créeront sur tout le territoire, ajoutant un peu plus de chaos à un pays qui n’en a pas besoin. Régler ce problème n’est pas incompatible avec la lutte contre l’islamisation de pans entiers du territoire, où se développe une même logique communautaire et ségrégationniste. Au contraire, tout cela est complémentaire. Nous devons renouer avec un mode de fonctionnement plus vertical de notre société, où l’ordre n’est pas un gros mot. Quand l’Etat est faible, l’arbitraire menace. Une constante universelle que Thomas Hobbes avait déjà décrite dans le Léviathan.

Les « zadistes » seraient donc des postmodernes inventant les communautés utopiques de demain, coupées des centres de décision. Dans cette optique, l’Etat est un ennemi en guerre contre l’épanouissement de solidarités particulières.

Ceux qui se sont rendus dans le capharnaüm de Notre-Dame-des-Landes ont d’ailleurs pu le constater, où les vieux punks menacent les schtroumpfs new age naïfs, les rixes et les règlements de compte pour les motifs les plus absurdes y étant habituels. De l’Europe entière, les autonomes viennent pour défendre leurs quelques hectares de terre, pensant que la loi n’est que la traduction d’une domination systémique millénaire alors qu’elle est le bouclier du plus faible. Face aux gendarmes, tout est permis, y compris renvoyer les grenades lacrymogènes à l’aide de raquettes ou balancer des cocktails Molotov.

Imaginez-vous la France rurale transformée en un gigantesque festoche de Manu Le Malin et des Bérus ?

As usual, on reproche à l’Etat d’envenimer la situation en tentant de nettoyer. Ainsi, la « ferme des 100-noms » serait le symbole d’un Etat policier, ses occupants dépeints comme « très modérés » s’apparentant à des « martyrs ». Ubuesque. Dans un appel, la Coordination des opposants a indiqué que les écologistes devaient « défendre ce qui s’est construit ici en termes d’habitats, de vie collective, de soin apporté à la biodiversité de la zone ». Faut-il comprendre que la « biodiversité » s’y réduit à une humanité d’un genre tout particulier ? On ne voit pas beaucoup d’animaux sauvages se promener à côté des squats bruyants et insalubres. Il reste encore près de 70 de ces squats.  Qui peut tolérer ça ? Imaginez-vous la France rurale transformée en un gigantesque festoche de Manu Le Malin et des Bérus ? Ce lumpenprolétariat contemporain n’a pas une raison valable d’occuper les forêts de la zone de Notre-Dame-des-Landes. Le penser ne fait pas de vous un « droitard », tout juste une personne attachée à la civilisation. Dimanche 15 avril, plus d’une soixantaine de policiers et de gendarmes ont encore été blessés à Nantes.

 

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grobin@lincorrect.org

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