Elisabeth Borne, ci-devant Premier ministre, l’a promis en cette journée du 4 août : « Avant la fin de l’année », ce qui en indique l’importance, un « ambassadeur aux droits LGBT+ » sera nommé. Je suppose que le soulagement de chacun sera grand ; c’est qu’au rang des urgences sociales présentes, celle-ci primait absolument. Après tout, ce n’est pas comme s’il y avait d’innombrables fractures à colmater et d’innombrables souffrances à soulager.
Si quelqu’un nourrissait encore l’illusion de n’être pas gouverné par des fous, pour qui l’idéologie l’emporte absolument et toujours sur le réel, voilà qui devrait contribuer à l’en guérir.
Par définition, un ambassadeur est un serviteur de son pays, qu’il représente. Ainsi donc ce pays, celui de l’histoire de nos pères et de nos enfants, sera gratifié d’un nouveau représentant, fine fleur de son identité présente : un vrai « diplomate », donc, sur les traces de Richelieu, de Colbert, de Chateaubriand et de Lamartine même, ou encore de Tocqueville, rattaché au « ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ». Vous me direz qu’il y eut aussi Talleyrand, une « merde en bas de soie », selon le mot de Napoléon. Comme quoi, il y a tradition diplomatique et tradition diplomatique.
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Mais voilà, ce nouvel « ambassadeur » se distinguera sensiblement de tous ses prédécesseurs, même ensoyés, en ceci que, lui, ne représentera pas son pays. Il représentera une Cause : la cause dite « LGBT+ ». Une cause sexualiste, qui a d’ailleurs son propre drapeau. Un drapeau semi-étatique qui n’est pas français mais l’étendard subversif du globalisme homosexualiste et du transsexualisme, dont on a suffisamment mis en lumière qu’il usurpait la représentativité des personnes homosexuelles. Peut-être est-ce ainsi qu’il faille entendre que cette diplomatie nouvelle se rattache à des « Affaires étrangères ».
La dame Borne nous affirme pourtant que cet ambassadeur nouveau jus « portera la voix de la France ». En vérité, il la portera aussi sûrement qu’une ventriloquerie macronienne peut porter celle d’une poupée derrière laquelle elle se cache – ou celle de la France, précisément. Il portera la voix des lobbies homosexualistes qui sont parvenus à instrumentaliser l’État français comme tant d’autres de l’Oxydant libéral. L’honorable personnage, dont nous espérons qu’il sera noir, homosexuel et transsexuel, à moins qu’il ne soit qu’un peu de ceci et un peu de cela, ou tout et le contraire de tout cela, ce qui serait mieux encore, « défendra notamment la dépénalisation universelle de l’homosexualité et de la transidentité ». L’adverbe « notamment » n’aura pas échappé à votre sagacité. Il serait bien étonnant, en effet, que les fonctions de moralisateur, de commissaire et de sycophante n’entrent pas dans les attributions naturelles de ce « diplomate », comme à l’ordinaire en ce domaine.
Si quelqu’un nourrissait encore l’illusion de n’être pas gouverné par des menteurs, des farceurs et des manipulateurs, voilà qui devrait encore contribuer à l’en guérir.
La démocratie est une guerre civile permanente livrée au nom de la tolérance et du vivre-ensemble
De surcroît, un « ambassadeur » est en général un agent de la paix. Mais là, non, il s’agit de porter la guerre. « La bataille n’est pas gagnée, il y a encore des étapes à franchir ! », a énoncé dame Borne pour appuyer virilement sa belle annonce.
La « bataille » contre qui ? Car à une bataille, pardonnez-moi, il faut bien un « ennemi » ! Le citoyen ne connaît jamais de repos. Il est perpétuellement mobilisé, « en lutte » contre l’ennemi que l’idéologie désigne à son inattention pour le rendre vigilant. On ne compte pas, dit en passant, les textes législatifs mobilisateurs qui utilisent systématiquement ce terme de « lutte » dans leurs intitulés. La démocratie est une guerre civile permanente livrée au nom de la tolérance et du vivre-ensemble. En vérité, dans l’ordre idéologique, son ennemi est toujours le même : l’homme de raison, celui qui, selon le mot de Platon, entend conserver ses racines à la fois dans la terre et dans le ciel. Il se pourrait que le Français, en dépit de tout, soit bien encore de cette race-là et, en effet, un ennemi véritable et irréductible des prosélytes de la Cité des fous.
Le macronisme, en sa sérieuse et docte imbécillité, est l’ultime rupture avec l’aristotélisme. Contrairement aux certitudes du Stagirite, en effet, même quand il y a une Borne il n’y a plus de limites.





