On en a tous en nous quelque chose de Johnny et Jean

La nation est en larmes : Johnny est mort, Jean est passé. 

 
De mortuis nihil nisi bonum, hein, mais, HEUREUSEMENT, y’a les vivants ! Mais bonjour la déferlante d’éloges délugesque ! Limite on les entend hurler de joie dans les ministères et les rédactions ! Pour les premiers, on les sent dans la jouissante exultance à l’idée de balancer du communiqué sur du créatif de premier choix, eux qui sont obligés de jouer les navrés à chaque trépas de troisième zone. Pour les seconds, ils avaient peaufiné les nécros façon Formule 1, avec la sourde inquiétude d’être obligés de célébrer le centenaire de Jean avant son décès. Le reste de la France se jette sur les cadavres avec une joie charognarde, Paris Match balançant l’édition spéciale et la RATP rebaptisant Duroc en Durock. Le sommet jupitérien appartient bien sûr à Macron, qui a mis toute la dose : hommage national aux Invalides pour Jean, pour bien montrer à Hollande que le vieux a fait exprès de mourir une fois passé son quinquennat – limite qu’il est tombé au champ d’honneur du macronisme en marche ; et Johnny qualifié de « héros français, ceux qui font qu’un pays est grand », et virtuellement panthéonisé.  Ah, on va bien le creuser, le filon de l’émotion ! Qualis artifex – lui, pas eux.

Journaliste

rdeseze@lincorrect.org

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