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Où en est le projet NATOME ?

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© Pixabay

Le 8 janvier 2020, le président Trump s’entretenait avec le secrétaire général de l’OTAN au plus fort des tensions entre les États-Unis et l’Iran. L’assassinat du général iranien Soleimani par une frappe de drone était revendiqué par la Maison-Blanche. A cette occasion, Trump réclamait que l’OTAN s’implique davantage dans le Moyen-Orient, et se transforme en « North Atlantic Treaty Organization Middle East » (NATOME).

 

Cette annonce de Trump faisait écho à son discours de juin 2017 à Riyad devant les dirigeants des pays de la région, où il affirmait que « l’Amérique ne peut être seule au Moyen-Orient, les États de la région doivent y prendre leur part ». En effet, alors que les États-Unis sont tournés vers l’Asie-Pacifique et la Chine, Washington cherche un moyen de réduire son implication au Moyen-Orient et d’impliquer ses alliés européens. La crise du Covid-19 a accéléré ce processus de retrait américain. La volonté de créer une telle structure dans la région n’est certes pas nouvelle. Une première tentative avait eu lieu en 1955 avec le Pacte de Bagdad (réunissant Turquie, Irak, Grande-Bretagne, Pakistan et Iran).

 

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Mais ce pacte fut dénoncé par l’Égypte de Nasser, y voyant une atteinte au panarabisme. Les retraits de l’Irak en 1959, puis de l’Iran en 1979, achevèrent le projet. En 2017, Trump évoqua une « OTAN arabe », avec la « Middle East Strategic Alliance » (regroupant États-Unis, Arabie saoudite, Égypte, EAU, Koweït, Bahreïn, Qatar, Oman et Jordanie), pour faire face à l’Iran et au djihadisme. Mais l’idée ne put se concrétiser : en cause, le manque de visibilité de la stratégie américaine en Syrie, et les tensions entre le Qatar et les autres pays du Golfe, du fait du soutien de Doha aux Frères musulmans et ses liens avec l’Iran. L’Égypte, pays avec le plus gros effectif militaire de la région, se retira du projet dès avril 2019. Début 2020, nouvelle tentative, Trump lance l’acronyme « NATOME » au cours d’une conférence de presse. Mais cette proposition d’élargissement soulève d’importantes questions aux pays européens. En effet, les pays Baltes ou la Pologne ne souhaitent pas voir l’Alliance atlantique se détourner de la Russie, perçue comme leur ennemi principal depuis la crise géorgienne (2008) et ukrainienne (2014).

 

Alors que les États-Unis sont tournés vers l’Asie-Pacifique et la Chine, Washington cherche un moyen de réduire son implication au Moyen-Orient et d’impliquer ses alliés européens

 

Par ailleurs, le secrétaire général de l’OTAN argue que l’alliance atlantiste intervient déjà dans la région en Afghanistan et en Irak. « C’est exactement ce que nous faisons en Afghanistan, en Irak, et bien sûr nous pouvons examiner si l’on peut en faire davantage », élude-t-il, ajoutant avec aplomb que « la meilleure façon de combattre le terrorisme international n’est pas toujours de déployer des troupes de l’OTAN pour des opérations de combat d’envergure ». L’article 5 du traité de l’Alliance oblige à prendre les mesures « nécessaires » en cas d’attaque contre un pays membre. Or le rôle de la Turquie (membre de l’OTAN depuis 1952) en Syrie et en Libye pose déjà un problème géopolitique pour l’Alliance. Les pays européens ont très vite compris que la proposition américaine n’était qu’un moyen pour maquiller le retrait américain d’Irak. La mission d’entraînement de l’armée irakienne entamée par l’OTAN en octobre 2018 est pour le moment suspendue tandis que l’armée américaine a définitivement délégué à l’alliance atlantique la totalité de cette mission (environ 400 hommes) après le refus du parlement irakien de renouveler leur partenariat.

 

Par Guillaume Duprat

 
 
 
 
 

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