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Passe vaccinal : réponse à Loup Viallet

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Publié le

10 janvier 2022

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Le 8 janvier, Loup Viallet partait dans nos colonnes à l’assaut d’une « conjuration d’imbéciles », et associait l’idéologie woke aux opposants au passe vaccinal. Par cette provocation, M. Viallet s’est concentré sur un arbre désigné par le gouvernement afin de cacher une forêt. Réponse.

L’embolie des hôpitaux n’est pas due aux non-vaccinés. Ils ne sont que les révélateurs d’un drame plus profond. La crise du COVID-19 dure depuis plus de deux ans. Au début de 2020, l’État avait compris qu’un tsunami arrivait. Il a tellement anticipé que Mme Buzyn, ministre de la Santé à l’époque, est aujourd’hui en examen pour mise en danger de la vie d’autrui. Depuis 2020, des milliers de chambres ont continué d’être fermées chaque année, comme si le COVID ne devait pas interrompre les pratiques budgétaires qui cassent l’hôpital public depuis des décennies.

Depuis 2020, des milliers de chambres ont continué d’être fermées chaque année, comme si le COVID ne devait pas interrompre les pratiques budgétaires qui cassent l’hôpital public depuis des décennies.

Rappelons que, le 14 janvier 2020, le gouvernement laissait 1 200 médecins hospitaliers poser leur « démission administrative » en raison de la folie bureaucratique qui y règne. Souvenons-nous des manifestations d’infirmières depuis les années 90. Nous savions que l’État n’assure plus la sécurité dans la rue ni l’instruction des jeunes. Le virus a révélé que l’administration ne veut plus soigner la population.

Car il n’y a pas que deux manières de s’immuniser contre un virus, contrairement à ce que M. Viallet affirme en évoquant l’immunité naturelle et la vaccination. Il reste les soins. Or, c’est précisément ce que refuse la direction de la Santé depuis deux ans. Toute l’histoire de la science est celle de controverses acharnées et de haines recuites. L’hydroxychloroquine en a été l’exemple, interdite quelques heures après la publication d’une étude, finalement retirée, produite par une actrice porno, un premier chercheur rétracté ensuite, et un deuxième en conflit d’intérêt. Même si, par ailleurs, son efficacité en la matière est toujours l’objet d’études contradictoires. Les soins sont l’apanage exclusif des médecins. Pour le COVID, l’administration leur a ôté ce devoir immémorial et imposé la vaccination comme seul outil. Poussé dans leurs retranchements, les représentants de l’État clamaient qu’il fallait à tout prix éviter l’engorgement des hôpitaux. L’argument était recevable au début de la crise. Mais deux ans après ?

Lire aussi : L’Incorrect et le passe vaccinal

Pour éviter la saturation, l’administration a tout osé. Elle a refusé au début de s’appuyer sur le privé. Des patients se sont réveillés à l’étranger, plutôt que d’être soignés dans des cliniques voisines. Elle a demandé aux gens de rester chez eux et de n’appeler les urgences que s’ils avaient du mal à respirer, c’est-à-dire trop tard. Elle a interdit aux médecins de ville de faire leur travail, qui est d’individualiser les soins.

Pour éviter la saturation, l’administration a tout osé. […] Elle a enfermé les bien-portants avec les malades, ce qui est une hérésie, et pris le risque de détruire l’économie. Elle a décidé de vacciner pendant une épidémie, au risque de propager le virus, selon l’OMS.

Elle a enfermé les bien-portants avec les malades, ce qui est une hérésie, et pris le risque de détruire l’économie. Elle a décidé de vacciner pendant une épidémie, au risque de propager le virus, selon l’OMS, mais aussi de faciliter la production de variants. Elle a masqué les enfants toute la journée et choisi de provoquer des dommages psychologiques sévères à une génération, comme l’attestent les pédopsychiatres, qui s’épouvantent des conséquences à venir. Elle a passé outre les rapports sur les risques confirmés de myocardites, surtout chez les jeunes hommes.

Pourquoi l’État n’a-t-il pas laissé les médecins soigner les malades, obligé les personnes à risque à se vacciner et laissé les autres tranquilles ? Pourquoi l’État refuse-t-il que la population apprenne à vivre avec la maladie ? Parce que ce serait gouverner, donc prendre un risque pénal.

Or, dans cette crise, il n’est qu’une seule constante chez les gens qui nous administrent : leur refus d’assumer la moindre responsabilité personnelle. Pour éloigner la menace, ils n’ont pas décrété la vaccination obligatoire, ce qui eût été risqué pour eux. Ils ont désigné des boucs émissaires. Il y a eu ceux qui refusaient de porter le masque, ou d’appliquer les gestes barrières, puis les enfants et enfin les non vaccinés.

Dans cette crise, il n’est qu’une seule constante chez les gens qui nous administrent : leur refus d’assumer la moindre responsabilité personnelle.

Politiquement, le passe vaccinal permet d’oublier les sujets comme l’insécurité, l’immigration ou le décrochage économique, et de cornériser Valérie Pécresse, la principale menace politique d’Emmanuel Macron, qui se retrouve à voter « en responsabilité » une loi qui a pour objectif assumé d’emmerder des gens.

En avril 2021, Olivier Dussopt, le ministre délégué chargé des comptes publics, estimait le coût de la crise à 424 milliards d’euros. C’est le prix d’une guerre. En toute logique d’énormes moyens auraient dus être accordés aux hôpitaux.

Or, le Ségur de la Santé de juillet 2020 a décidé de ne consacrer que 6,5 milliards aux « projets de transformation de l’offre de soins » (voir notre article « Le coût des autres : Charité pour l’hôpital »), soit 1,5% du coût total. Imagine-t-on une guerre pour laquelle les armées recevraient 1,5% du budget ?

Enfin, l’obstination à bureaucratiser la crise a tellement empiété sur le droit des gens, l’antique jus gentium, que des professeurs de droit constitutionnel ne savent plus qu’enseigner à leurs étudiants. La hiérarchie des normes a été bouleversée. La chose est grave, loin des problèmes de « jouir sans entraves » vilipendés par M. Viallet.

Lire aussi : Passe vaccinal : le piège macronien

Les gens qui ont fait cela ont trahi leur devoir d’état. Ils ont privilégié leur communication au bien commun, au point de fracturer le pays, affaiblir son économie, ruiner, humilier et désespérer des millions de Français. Une telle blessure au bien commun exige réparation. Il faudra juger ceux qui ont lancé cette politique, ceux qui l’auront votée et ceux qui l’auront appliquée.

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