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Patrick Eudeline : « Le rap a tout emporté »

C’est peu de dire que la grande musique noire, du blues à la soul sophistiquée des seventies en passant par le jazz et le rythm’n’blues, a essaimé. D’Armstrong à Mingus, du Duke à Curtis M., de Robert Johnson à Sly Stone, c’est elle qui avait la main. Jusqu’à Prince. Grosso modo. Jusqu’au rap. Soudain...

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© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

On peut certes barguigner, trouver un talent certain – ou un certain talent – aux gens de De la Soul, à Public Enemy, à NTM ou Tupac, enfin, aux pionniers du genre… Non, quelque chose se brise. Les grands talents blacks ? Fini. Le rap a tout emporté. Le sampling est systématique dans le rap, contrairement au rock, à l’électro. C’est ce qui – à mon sens – l’a perdu. Ce n’est pas une pratique de musiciens ou d’artistes. Dans la réalité hip hop, le sampling, c’est faire du copier-coller : enregistrer quinze secondes du morceau d’un autre, répéter cet extrait en le collant bout à bout et prétendre que le résultat est une « chanson », euh... un morceau. Enfin… quelque chose.

Déclin du génie noir

Et après, on confie ce « son » à un type qui, ne sachant chanter, rappe. Je caricature ? Oui et non. On est loin de « What’s goin’ n » par Marvin Gaye ? Oui. Le rap n’est même plus une musique uniquement noire, il est devenu le son du monde. Des incultes qui braillent sur des boucles instrumentales désormais trouvées prémâchées dans leur ordi avec le logiciel Garage Band. Et on ne voit pas d’où pourrait « renaître » la grande musique noire. Robert Cray ? Winston Marsalis ? Ce sont les derniers noms qui viennent à l’esprit. Et ça date. [...]

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