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Le « club des Ardents » est une startup philanthropique d’extrême droite, installée à Nevers. Simon Olitrau, son président – que nous avons rencontré cet été – y défend un modèle de « contre-société fasciste et solidaire ».
« La société contemporaine est une « dissociété », pour reprendre le concept de Jacques Généreux. La responsabilité civique y est réduite, dans le meilleur des cas, à des préconisations hygiénistes et comptables. En contrepartie, les individus esseulés croient pouvoir jouir d’une liberté paradoxale : l’asservissement solitaire et hédoniste à tous les services que leur proposent les seigneurs de la féodalité capitaliste », disserte d’un ton tranquille, Paul, 25 ans, devant un parterre de « phipsters » (« phalange hipsters ») de 17 à 37 ans. L’ambiance est très studieuse à Savigny-sur-Besbre, dans ce camp d’été sobrement intitulé : « C’est Mussolini mon kiki ». Entre les cours de boxe, « d’histoire incorrecte du fascisme », de maniement du casque et les ateliers « brossage de gouines » et « tabassage de journalistes », les jeunes gens présents ont des journées bien remplies. Nous manquons nous-mêmes de nous faire « asseoir dessus » par un gigantesque obèse qui n’apprécie manifestement pas notre canard.
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« Je déteste les bobos dans votre genre, nous explique Jean-Mickaël, intellectuel-déménageur. Bande de sales cathos ! Mes ancêtres ont crucifié les bonnes sœurs en 1789, pillé les palais en 1830, en 1848 et en 1870. On a chassé les curés et on a récolté les idéologues. Mais peu importe, notre vraie cause, c’est que nous haïrons les bourgeois et les lèche-youtres de votre genre jusqu’à l’Apocalypse. Nous, on est dans le réel, vous, vous vivez loin des cités. Vous êtes des sous-hommes en bas-de- soie. La marge du Frankistan, c’est vous ». Avant que le dialogue ne dégénère, mon photographe et moi lattons les testicules de ce bûcheron mal apprivoisé, en lui expliquant pourquoi nous préférerons toujours Lustiger à Ténardier. Puis nous retrouvons Simon Olitrau qui se délecte manifestement autant de son autorité que de son apostolat. « Le monde matérialiste a besoin de retrouver le sens du clan et de la cité, nous explique-t-il un verre de San’Pe à la main. Les petits blancs des campagnes ont été abandonnés au McDonald,’s au divorce, à la drogue et au chômage. Nous leur apportons la tra- dition européenne, la cuisine aux protéines naturelles, la solidarité du clan et le service de notre race. Vous croyez peut-être que c’est le CRIF qui ira défendre nos mamies violées par des migrants ? ».
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« L’Église nous a abandonnés, mais de toute façon ce e philo- sophie sémite n’aurait jamais dû sortir de son désert et elle n’a jamais su s’acclimater chez nous. Nous sommes des celtes. Nous avons besoin de respirer autre chose qu’une spiritualité de chameliers », poursuit-il, moqueur. « Et ce parti pris fonctionne. En une semaine, nous pouvons faire d’un hipster végéta- rien un vrai mâle blanc européen. Car notre religion, c’est notre race ». Quand nous demandons à cet abbé Pierre en rangers si le matérialisme paganisant qui prévaut dans ses considérations politiques n’a pas la même racine que tous les maux du monde contemporain, Simon Olitrau répond par la négative : « Les humains tous des prédateurs. Et parmi eux, certains sont des sauvages, et les autres, des individus sociaux. Nous n’avons le choix, face aux bêtes féroces que sont les ennemis de notre civilisation, qu’entre deux destins : celui des gladiateurs et celui des martyrs. Le courage ou les bons sentiments. Le reste, c’est du cirque ». À ces mots, ce «Monsieur je-sais-tout, j’ai-lu-Mussolini» rentre dans une tente pour disserter sur le sens du sacri ce et l’histoire de l’usure. Un militant, déçu, nous dit en sortant: « En fait, le fascisme, c’est une idée primitive digne de l’anti- France. Nous ne sommes pas le remède, nous sommes l’un des symptômes. Ils nous ont bernés avec un discours prétendument viriliste et vertueux ». Qui a dit que tous les militants étaient désespérants ?
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