Skip to content

Philippe Bilger : toujours le barreau

Par

Publié le

20 mai 2018

Partage

Bilger © Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect-2

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1526772075558{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Philippe Bilger, avocat général, star des cours d’assises et écrivain, a servi la justice française durant 40 ans. Rencontre avec un orateur subtil et déterminé.

 

Philippe Bilger a brillé dans presque tous les rôles de la Justice : en amont, comme juge d’instruction, mais surtout du côté du ministère public (à la cour d’Assises de Paris) ; et du côté de la défense. Son palmarès judiciaire est impressionnant : Maxime Brunerie, le gang des barbares, Bob Dénard, Émile Louis… Pourtant, le magistrat, qui nous reçoit dans son appartement du boulevard Poissonnière, nous fait cet aveu surprenant: « La magistrature n’a absolument pas été une vocation. J’ai toujours détesté le droit. À l’origine je voudrais être écrivain. J’ai fait une licence de lettres classiques mais j’ai raté Normale sup. Puis j’ai abandonné mes ambitions littéraires en comprenant que je ne serais jamais Marcel Proust ». Écrivain qui est aujourd’hui encore à la meilleure place de sa bibliothèque. Mais alors comment est-il arrivé à la magistrature ? « Comme je n’avais aucun don pour l’enseignement, il a fallu que je trouve un métier. La magistrature n’est pas arrivée par hasard – on ne choisit jamais un métier par hasard – mais malgré ma structure intellectuelle conservatrice j’ai toujours eu la passion de comprendre les ombres et les obscurités »

 

Lire aussi : Marius, ecce commando

 

Une passion qui provient en partie de son passé familial. Son père Joseph Bilger a été condamné à 10 ans de travaux forcés et 20 ans d’indignité nationale en 1947, pour faits de collaboration. Un personnage complexe qui sortira de prison en 1952. Philippe a gardé de cet héritage difficile un besoin irrépressible de comprendre en profondeur le mécanisme intellectuel qui prévaut dans chaque décision fondamentale. Un tropisme partagé avec ses deux frères, François, économiste et Pierre, PDG d’Alstom. Le mariage d’amour qu’il vit avec le verbe s’est mué peu à peu en mariage de raison avec le débat: « Ma passion de m’aventurer dans l’esprit de gens m’a permis de dissimuler totalement mes lacunes juridiques pendant 20 ans ». L’homme est modeste. Les magistrats, avocats ou journalistes qu’il a côtoyés jusqu’à sa retraite en 2011 lui reconnaissent une éloquence et une force de persuasion remarquables. Cette force de persuasion, argumentée et fluide, lui permet aussi de se tenir sur le fil du rasoir disciplinaire. Lorsque sur son blog il défend Éric Zemmour au sujet de ses propos sur l’ethnie des trafiquants, il sort sans sanction d’une réunion homérique avec sa hiérarchie

« Je suis un obsédé de la nuance, de l’exception, de la contradiction des principes » 

Philippe Bilger est hanté par la notion d’équilibre : « Je suis un obsédé de la nuance, de l’exception, de la contradiction des principes, ce qui donne parfois à ce que je dis ou écrit un tour profondément ennuyeux : c’est parce que je ne veux rien abandonner ». Cela rappelle un peu le fameux « en même temps » du Président. « En effet! Je trouve que les médias n’ont jamais rien compris à ce “en même temps”: on s’en moque alors que la vie intellectuelle, l’intelligence, si elles existaient véritablement, en serait remplies. » C’est à rebours de cette tendance qu’il se lance dans l’écriture de livres et l’enregistrement d’entretiens. Il écrit sur le procès de Brasillach, et interviewe Zemmour, Finkielkraut, Julien Clerc, Onfray, Plenel, Besancenot, Gregory Coupet, Fabrice Luchini et tant d’autres. « Je voulais montrer modestement que ce que j’attendais de la presse classique, je pouvais le réaliser ».

 

Lire aussi : Charlotte d’O, histoire d’O

 

Le pire qu’il puisse imaginer est de se taire : « Je serais gangrené par le silence si je retenais quelque chose que j’ai envie de dire. Tout en ne surestimant pas mon impact, entendons-nous ». Aujourd’hui sa principale activité est la direction de l’Institut de la parole. Une formation qu’il propose pour améliorer l’élocution. Ses ouvrages sont rangés entre une enceinte, un dictionnaire et une carte routière, en bas à gauche de sa bibliothèque. Bien loin de Céline, Simone de Beauvoir (prisée par son épouse) et Tolstoï. Une façon ostentatoire de rester humble ? On peut être en effet iconoclaste et en même temps respectueux.

 

 

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest