Le cinéma français a autant de mal à nous regarder en face qu’à filmer les « SDF ». Surtout dans la comédie – on se souvient de l’assez touchant Une Époque formidable de Jugnot, mais c’est à peu près tout. Nadège Loiseau a au moins le mérite de s’emparer du sujet à bras le corps. Fût-ce avec un prétexte scénaristique vu et revu : les trois protagonistes du film, tous à la rue, gagnent subitement au loto. C’est là que le bât blesse, puisque la réalisatrice ne nous épargne aucun des passages obligés de la grosse comédie franchouillarde qui joue sur les rapports de classe, jusqu’à sombrer parfois dans un humour beauf qui se veut sûrement « fédérateur ».
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Sur un sujet aussi sensible, on aurait aimé un regard un peu plus affûté et délivré des mécanismes habituels du rigolol. Pourtant, le film est sauvé par ses trois acteurs principaux, très investis : Philippe Rebbot, en grand échalas borderline; Côme Levin, simplet au grand cœur; et surtout Antoine Bertrand, québécois rondouillard débordant d’émotions. Rien que grâce à eux, le film se laisse voir sans déplaisir et ménage quelques beaux moments.
Trois fois rien (1h34), de Nadège Loiseau, avec Antoine Bertrand, Côme Levin, Philippe Rebbot et Émilie Caen, en salles le 16 mars.





