Occultée par la toute-puissante Nouvelle Vague, l’œuvre d’André Cayatte est pourtant protéiforme et riche en curiosités, parmi lesquelles on trouve Piège pour Cendrillon, cet étrange film obsessionnel et vénéneux adapté d’un polar de Sébastien Japrisot et sorti en 1965, qui a tous les atours d’une sorte de giallo à la française : une riche héritière amnésique, une gouvernante possessive et sadique, et une atmosphère de film noir qui s’autorise de nombreuses incises érotiques ou fantastiques, dans un noir et blanc magnifique qui évoquerait presque certains classiques de Mario Bava.
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Porté par la très belle Dany Carrel, qui incarne trois rôles à la fois, Piège pour Cendrillon n’hésite pas à explorer une psyché féminine dérangée tout en dressant un portrait pessimiste de la France des années 60 et de ses inégalités sociales croissantes. Culminant dans un finale qui emprunte autant à Clouzot qu’à Hitchcock, Piège Pour Cendrillon nous rappelle l’exigence formelle et narrative d’un certain classicisme français qui trop longtemps se heurta à la morgue des ayatollahs des Cahiers du Cinéma.
Piège pour Cendrillon d´André Cayatte avec Dany Carrel, Madeleine Robinson et Hubert Noël. 1h55. En salle le 7 octobre.





