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Pour le peuple et pour le Roi ! Des royalistes sur les barricades

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Publié le

19 décembre 2018

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Ils sont venus, ils sont tous là : quand la révolte gronde, tous les mouvements qui ont quelque grief contre le régime descendent dans la rue et montent sur les barricades. L’Action française y était. Témoignage.

 

Les royalistes sont de sortie, et la République tremble. « On voit surtout un drapeau avec des fleurs de lys, qui illustre la monarchie et la volonté d’un retour du Roi », nous explique doctement Sylvain Boulouque sur BFMTV dans une analyse bouffonne de la participation d’une certaine « ultra-droite » aux manifestations des Gilets jaunes.

 

Passons rapidement sur le drapeau et sur l’ultra-droite : l’étendard brandi lors de la manifestation est, en fait, le drapeau de la Picardie ; quant à l’ultra-droite, Jean-Yves Camus, le précisait dans Le Bien Commun du mois de novembre : ce terme ne recouvre aucune réalité. C’est un montage sémantique utilisé d’abord par les médias qui n’a pas d’existence sociologique.

 

 

Il est vrai que le drapeau de la Picardie est bien couvert de fleurs de lys. Que cette fleur de lys représente la monarchie française et qu’elle fasse partie des symboles royaux depuis Hugues Capet est exact. De très nombreuses régions et provinces françaises les déploient sur leurs enseignes. Rappelons à Sylvain Boulouque qu’avant d’être une République, jeune et instable, la France passa par plus d’un millénaire de régime monarchique. Cette fleur de lys apparaît encore sur le drapeau du Québec, et est même utilisée comme symbole du scoutisme. Que Sylvain se ventile, j’arrête ici d’énumérer le nombre de fleurs de lys utilisées encore de nos jours pour lui éviter la syncope.

 

Il est de bon ton dans les médias actuels de remiser le royalisme au rang de « groupuscule d’ultra-droite ». C’est certes facile et cette appellation a le mérite de ne pas demander au téléspectateur de réfléchir sur ce qu’est vraiment le royalisme. Non, le royalisme n’est ni d’ultra-droite, ni d’ultra-gauche, pour la bonne raison qu’il se situe justement hors des partis de la République. Est-ce à dire que les idées défendues ne puissent avoir des similarités avec la droite conservatrice ? Il est entendu que le royalisme défend une vision nationale de la politique et une conservation de ces valeurs qui ont fait la France, revendications partagées par les conservateurs.

 

Lire aussi : Maurras pour quoi faire ?

 

Il faut par ailleurs lire le manifeste de l’Action Française pour se rendre compte que les attaques en antisémitisme ou en racisme sont hors de contexte, sinon diffamantes : « unité, continuité, responsabilité, indépendance, légitimité », peut-on y lire. Rien de comparable avec une idéologie fascisante, autocratique et militaire. La politique défendue par l’Action Française est celle d’un bon père de famille, gérant et administrant son pays et son peuple dans la durée pour assurer sa survie. On comprend que cette thèse révolte les modernes et les progressistes. Elle n’en est pas moins digne d’être défendue.

 

Ceci dit, il est exact que l’Action Française et d’autres royalistes non-affiliés ont participé et participeront encore au mouvement des Gilets Jaunes. Le sentiment de déclassement et d’abandon partagé par les Français est un sentiment analysé par l’Action Française depuis de nombreuses années. La politique d’Emmanuel Macron (ainsi que de ces prédécesseurs) est aux antipodes de la recherche du bien commun soutenue par le mouvement. Les absurdités d’une République aux ordres des marchés et des partis, des instances européennes et extranationales, l’instabilité congénitale du régime et le détachement des édiles une fois leur strapontin acquis sont autant de points qu’il convient de dénoncer pour répondre au dépérissement français.

La politique défendue par l’Action Française est celle d’un bon père de famille, gérant et administrant son pays et son peuple dans la durée pour assurer sa survie. On comprend que cette thèse révolte les modernes et les progressistes.

Toutefois, il est ridicule d’attribuer aux royalistes une quelconque responsabilité dans les dégradations. Antoine Berth, porte-parole de l’Action Française, l’explique en ces termes : « La seule violence contre laquelle nous luttons est celle du gouvernement ». Le mouvement n’est pas un mouvement contestataire, à l’inverse des Blacks Blocks ou de la Commune Libre de Tolbiac. C’est un mouvement centenaire et politique, dont la finalité, malgré une modernisation constante, n’a pas changé : établir, en France, une monarchie populaire.

 

Face au totalitarisme des modernes et au fascisme des progressistes, il est utile de le rappeler: des poches de résistances existent. Et non seulement sont-elles vivaces, elles sont aussi en constante croissance. La chasse aux sorcières ne fait que commencer, mais les royalistes ont la peau dure : que vaut Marianne contre Jeanne d’Arc ?[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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