Le procès opposant Johnny Depp à Amber Heard, tout comme son dénouement, sont une source de joie. Non pas la joie mauvaise d’un lobby masculiniste, plus fantasmé que réel, de voir une jolie femme condamnée, mais la joie de surprendre, dans l’ouragan des opinions qui agitent le spectacle médiatique, un moment rare, où saint Michel terrasse le dragon, c’est-à-dire où la parole humilie par sa puissance rationnelle une intention malveillante, seule chose dans le monde qui soit absolument mauvaise.
Des voix se sont élevées pour se plaindre de la publicité donnée à ce procès, retransmis en direct : pourtant, le détail des témoignages et des questions des avocats est une grande leçon de rationalité et d’objectivité. Pour éphémères qu’ils soient, ces débats rappellent à ceux qui utilisent les réseaux pour se défouler qu’un discours vrai n’est pas une démonstration de force ni un écrasement de la subjectivité, que parler, ce n’est pas balancer à la face du monde sa vérité, mais décrire des objets vérifiables par tous.
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La rigueur d’une salle de tribunal, qu’est-ce que c’est rafraîchissant, au milieu du vacarme des influenceurs ! Plus encore, quelle claque pour ceux qui ont mis sur pied des tribunaux parallèles, qui sont également des entreprises florissantes, tel le « Groupe Egaé » de Caroline De Haas. L’affaire avait pour enjeu la dignité d’un homme, accusé par son ex-femme d’avoir été un horrible bourreau domestique. Si l’on se souvient du film de Tim Burton qui a lancé la carrière de Depp, c’est comme si Edward aux mains d’argent avait attaqué en justice Joyce, la vamp’ qui voulait le séduire, et qui, dépitée de son refus, l’avait accusé de viol.
Depp, c’est un Edward qui aurait eu gain de cause, et qui, au lieu d’être lynché par la foule à la suite de la libération de la parole de certaines femmes, aurait été porté en triomphe. Ce dénouement rappelle celui de L’Intrus, le grand film de Roger Corman (1962), qui montre ce qu’on peut faire faire aux hommes quand ils pensent venger une femme outragée.
Depp, c’est un Edward qui aurait eu gain de cause, et qui, au lieu d’être lynché par la foule à la suite de la libération de la parole de certaines femmes, aurait été porté en triomphe
Amber Heard a démontré par l’exemple que si on peut « libérer la parole » de toute contrainte sociétale inique, on ne peut toujours pas la délivrer de la référence au réel. Mentir, ce n’est toujours pas acceptable, même si Amber Heard a fourni au tractopelle des « faits alternatifs » sordides, invérifiables et odieux, à un jury qui ne s’en est finalement pas laissé conter : un nez cassé qui est comme neuf, des coups au visage avec des mains baguées qui ne laissent aucune trace, des viols à répétition avec des bouteilles qui ne causent aucune blessure.
Par ailleurs, ce procès a aussi eu le bénéfice d’apprendre à ceux qui n’ont jamais lu Les Trois Mousquetaires que les Milady ne sont pas que des personnages de roman. Même si on les appelle désormais des « borderline », elles fonctionnent toujours de la même façon : ce sont des êtres qui semblent avoir un infini besoin d’amour et qui utilisent leur pouvoir de séduction pour gagner beaucoup d’argent, en marchant sur des cadavres.
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Après sa déconfiture, lors de son interview sur NBC du 15 juin, Amber Heard a montré que c’était incurable : selon elle, c’était uniquement grâce à ses talents d’acteur que son ex-mari était arrivé à mieux influencer le jury de Virginie qu’elle. La réalité ? La raison ? Nulle trace à l’horizon.





