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La Promesse de l’aube : Une grande épopée populaire

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Publié le

19 décembre 2017

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Promesse

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Adaptation du roman autobiographique de Romain Gary, La Promesse de l’aube retrace vingt années d’une vie extraordinaire, de l’enfance difficile en Lituanie et l’adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’aux exploits dans les Forces aériennes françaises libres. Promesse tenue !

 

L’adaptation d’un roman au cinéma nécessite de trahir sans inhibition, mais avec fidélité, une œuvre qui nous a profondément marqués. Mais s’attaquer à ce que beaucoup considèrent comme LE roman initiatique de référence et qui a bercé la jeunesse de dizaines de générations relève d’une gageure suicidaire. À la moindre erreur, c’est la guillotine garantie. Avec sa Promesse de l’aube, Éric Barbier fait coup double : conserver l’essence du chef-d’œuvre de Gary et exhumer un genre disparu, le grand film d’aventure populaire.

À l’exception de trois flash-backs aussi faciles qu’inutiles, le réalisateur s’émancipe d’une construction romanesque fondée sur des allers-retours temporels récurrents et choisit une structure chronologique classique, qui permet de suivre cette histoire extraordinaire de manière évidente. En agrégeant à son récit la voix off de Gary (Pierre Niney, parfait comme toujours) – procédé qui, mal utilisé, et c’est souvent, peut plomber une narration – Barbier donne ici une autre dimension à l’épopée.

 

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Porté par un texte sublime, le réalisateur fait alterner avec maestria l’intensité dramatique – comme cette scène où le narrateur, enfin publié, invite sa mère dans un grand restaurant : « Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis  »  – et le contre-point décalé, tel cet épisode où Nina (étonnante Charlotte Gainsbourg) demande à son fils de renoncer à son sacrifice (sacrifice qu’elle avait elle-même programmé) : « Et c’est ainsi que je n’ai pas tué Hitler. »

La Promesse de l’aube est un éloge de l’espérance et de l’héroïsme, sans cynisme ni ricanement

Comme Gary adapte sa propre vie pour mieux sublimer ses souvenirs, Barbier choisit une reconstitution visuelle très esthétique, portée par une photographie magnifique. Si le film témoigne d’un souci de réalisme, il ne s’inscrit pas dans une restitution historique mais bien cinématographique. En témoigne la première apparition de la mère et de son fils à l’écran, dans un cadre abstrait de brouillard et de neige, révélant immédiatement le personnage de Nina à la fois terrifiant et terriblement maternel lorsqu’elle annonce à son fils : « Tu auras une automobile, tu seras ambassadeur de France, tu es grand, tu es le plus beau. »

La suite n’est qu’une quête de ce destin imposé ; et une déclaration d’amour à ses deux mères : Nina et la France, deux amours qu’il n’a pas choisis – l’un maternel, l’autre adoptif. Deux amours entiers, violents, passionnels, excessifs et tendres, qui explosent dans ce sublime dernier tiers du film où Gary mène deux combats de front : finir son premier livre, Éducation européenne, et libérer la France des Allemands. La Promesse de l’aube est un éloge de l’espérance et de l’héroïsme, sans cynisme ni ricanement, un parcours initiatique et salvateur auquel chacun peut s’identifier.

 

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À une époque où le cinéma français assimile « populaire » et « beauf », Éric Barbier renoue avec les grands films populaires d’antan, drôles, spectaculaires et émouvants, comme dans ce délicieux travelling final vertical où Barbier quitte son personnage sur ces mots : « Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

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