Clap de fin pour L’Alvarium ? Centre communautaire d’actions sociales et culturelles angevin, l’association identitaire est dans le viseur du gouvernement. En juin dernier, au motif d’un « vol de drapeaux », des policiers avaient perquisitionné le local de l’association pour trouver de quoi les inculper. Parmi les policiers ayant interrogé des militants, l’un avait avoué « connaître tout de la vie » de Jean-Eudes Gannat, le chef de l’association. En clair, depuis des mois, le gouvernement essaye de mettre fin à leurs agissements militants, en usant de mesures qui paraissent disproportionnées. Pourtant, dans le dossier de dissolution parvenu aux mains du président, aucun motif ne semble tout à fait légitime. Le dossier relate tout d’abord plusieurs faits de violence, « dont plus de la moitié n’ont rien à voir avec les actions de l’Alvarium » dénonce Jean-Eudes Gannat. Le second motif d’inculpation porte sur l’« appel à la haine ». On le voit, sont invoqués les mêmes motifs qui ont conduit à la dissolution de Génération identitaire.
Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur est resté vague sur les raisons de cette action : nous savons tout au plus que ce sont des « signalements répétés et [de] nombreux faits constatés » qui auraient été les déclencheurs de ces poursuites. Cette motivation est-elle résolument vague du fait de la dangerosité de l’association, ou repose-t-elle sur une volonté purement politique de la part du ministre de l’Intérieur, avide de taper une nouvelle fois sur « l’extrême droite » ? Le président de l’association n’est pas dupe : si tout cela n’était que juridique, l’Alvarium aurait des chances réelles de se défendre. Les raisons sont donc tout autres. Dans un monde où identité et traditions sont condamnées, un mouvement de jeunes fiers de leur culture fait assurément mauvais genre. Ils ont désormais dix jours pour répondre aux accusations.
Lire aussi : L’Alvarium perquisitionné : l’État tape sur la droite identitaire
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses. La gauche se réjouit, avec en tête le député écologiste Matthieu Orphelin du Maine-et-Loire, déclarant que « les nombreux agissements, menaces et faits répétés de violences et d’agressions, commis par les membres de cette association angevine, vont à l’encontre des principes de respect d’autrui, de démocratie et de débats d’idées, et n’ont pas leur place dans notre société ». Il semblerait pourtant que la liberté d’opinion et d’expression fasse partie des soi-disant principes démocratiques, le « débat d’idées » n’étant par définition possible que s’il existe une pluralité d’opinions. Mais pour les bien-pensants, l’existence de ces militants est une infraction en soit, leur opinion un délit systématique, et leurs actions des crimes a priori.
Le maire de la ville Christophe Bechu (proche d’Édouard Philippe) ne fait pas mieux, se disant « satisfait que le ministre de l’Intérieur ait pu engager ce processus. C’est un message extrêmement fort qui est envoyé : il n’y a pas de place pour les prêcheurs de haine ». Si l’Alvarium est décrit comme le grand méchant loup, ce sont pourtant bien les militants antifascistes qui profanent des tombes familiales, poussent au licenciement, taguent le local, profèrent des menaces, frappent si besoin. À plusieurs reprises, les militants identitaires angevins ont essayé de se défendre dans des vidéos parodiques contre les caricatures des journalistes. En vain : ils restent pour tout progressiste une jeunesse dangereuse qu’il faut détruire.
Jean-Eudes Gannat conclut en disant qu’il est « déplorable que le ministre de l’Intérieur de la huitième puissance mondiale s’exprime sur Twitter pour dissoudre une petite association communautaire ». S’il affirme avoir peu espoir sur l’avenir de son mouvement, il assure qu’il poursuivra son engagement militant d’une manière ou d’une autre.





