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Figure austère d’apparence – pour qui ne le lit pas – et présenté dans les médias généralistes comme l’inventeur d’une « théorie » prétendument complotiste, celle du « Grand Remplacement », on en a oublié depuis longtemps que Renaud Camus est d’abord et avant tout un de nos plus grands écrivains. Son œuvre pléthorique, sa langue raffinée et magistrale, son analyse fine de ce qu’il voit et de ce qui l’inspire, se déploie sur près de cent cinquante livres qui recoupent à peu près tous les genres, et à présent, donc, le « tweet », qui fournit l’occasion d’un recueil d’aphorismes, publié « Chez l’auteur », et logiquement intitulé Tweets.
Si ces « tweets », pour l’immense majorité d’entre eux, s’inscrivent dans la dimension militante de l’œuvre de l’écrivain, dénonciation du Grand Remplacement et de son corollaire, le Petit Remplacement, ce dernier désignant la destruction de la langue et la haute culture, ils sont aussi un exercice de style puisque, comme Camus le signale, ces tweets sont de stricte observance, soumis à la règle des cent quarante signes, puis à celle des deux cent quatre-vingt.
Prêchant par l’exemple, avec ces aphorismes, Camus nous dit que le désespoir comme la brutalité sont aussi faciles que voués à l’échec, car c’est par l’esprit, y compris celui de dérision ou d’autodérision, que l’on demeure souverain et que l’on résiste vraiment.
Nonobstant l’engagement, c’est l’analyse d’une époque allant d’un pas volontaire vers le néant que Camus propose ici avec humour et effroi, se garantissant de la distance autant que de la pose apocalyptique qu’adoptent souvent ceux qui découvrent comment le monde se défait, plus ou moins précipitamment, sous leurs yeux. De fait, on ne connaît pas en France de semblable écrivain, capable d’être aussi drôle que tragique et qui dans un combat aussi difficile que celui que Renaud Camus entend mener convoque à son secours autant d’intelligence et d’humour. Prêchant par l’exemple, avec ces aphorismes, Camus nous dit que le désespoir comme la brutalité sont aussi faciles que voués à l’échec, car c’est par l’esprit, y compris celui de dérision ou d’autodérision, que l’on demeure souverain et que l’on résiste vraiment. Un ouvrage indispensable.
Rémi Lélian
TWEETS Renaud Camus Chez l’auteur 510 p. – 30 €
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