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Que pasa con Pessi ?

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Publié le

29 mars 2021

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Depuis quelques semaines, une bande de trolls très organisée terrorise Twitter France en lançant des raids numériques contre des personnalités publiques. Objectif des opérations : faire taire lesdites personnes et maîtriser l’agenda médiatique. Mais qui sont-ils et quels sont leurs réseaux ? Enquête, tirée de l’Incotidien.
Pessi

Si vous fréquentez Twitter, vous n’avez pu passer à côté du phénomène qui inonde la toile depuis quelques jours. Très présents et ultra-réactifs, les Pessi sont une horde de trolls qui mènent des raids groupés et massifs de réponses sous des tweets de personnalités publiques afin d’en submerger le compte.

« Pessi » est à l’origine une contraction de Messi et de penalty, utilisée pour se moquer soit du trop grand nombre de pénaltys accordés au joueur de Barcelone, soit de sa proportion d’échecs aux 9 mètres – les sources ne sont pas tout à fait concordantes. Reconnaissables à leurs photos de profil arborant un montage représentant Lionel Messi en chauve, ils s’expriment dans une novlangue pour le moins atypique, faites d’argot sportif (« t’es à ton prime », « masterclass », « goatesque », « prime »), de verbe à l’impératif (« pleure, chiale, chouine, couine, aboie, miaule, boude ») et d’un drôle de mot d’ordre : « reste digne ». Leurs messages sont souvent absurdes sur la forme et sur le fond, et répondent par des paroles de rap ou des recettes de cuisine sans rapports avec le tweet initial. Entre membres de la communauté, ils se surnomment « akhi », qui signifie « mon frère » en arabe. « Les Pessi sont actuellement les maîtres de ce monde » précisait leur page Wikipédia, depuis supprimée.

Le mouvement Pessi est lui-même subdivisé en plusieurs groupes, qui se pensent chacun comme une équipe à part entière (« FC Gênant », « FC Hominisme », « Pessistants », « AS Chomagrie », « FC Penaldo », etc). « Chaque FC devait réaliser le plus gros raid pour être la meilleure équipe ». Les recettes de raids numériques sont assez simples : un rendez-vous avec une cible, une heure et une liste proposée de réponses à lui faire. De cette compétition de geeks-footeux est né un véritable phénomène qui, ces dernières semaines, a quitté le seul domaine du ballon rond pour s’intéresser à des questions éminemment politiques, et mener des raids contre des comptes de premier plan.

Lire aussi : Enquête : Quand Médecins du Monde devient un parti politique

Les Pessi se sont fait connaître par une première attaque contre l’Ambassade de Chine en France : près de 27 000 réponses ont été envoyées d’une traite sous un tweet pour dénoncer la persécution des Ouïghours. Ont ensuite été ciblés Marlène Schiappa (qui a porté plainte et dû passer son profil en privé), Jean Messiha (25 000 messages en une journée, a dû suspendre son compte), Gérald Darmanin (sur les accusations d’agressions sexuelles) ou Jean Castex (dont les Pessi demandaient sa démission). Ce sont ces mêmes Pessi qui ont fait fermer le compte de Mila, en signalant en masse son profil pour « islamophobie ». Pierre Ménès a lui aussi été victime d’un raid la semaine dernière suite aux accusations d’harcèlement sexuel : « Le but du raid d’hier était de mettre la pression sur Canal+ pour montrer que ce genre d’impunité est intolérable » dit l’un des comptes Pessi. La dernière victime en date n’est autre que Joe Biden : 20.000 tweets en moins de 17 minutes, plus de 50.000 en tout lui ont été envoyés en réponse à l’un de ses posts. Pour dénoncer les propos du président des États-Unis, qui a annoncé que de nombreux migrants mexicains seraient reconduits à la frontière ? Toujours est-il que les Pessi ont pris une dimension internationale, de quoi concentrer l’attention des internautes américains.

L’objectif de ces raids est simple : en ensevelissant la personnalité-cible de dizaine de milliers de tweets, les Pessi font bugger son compte, ou tout le moins rende son fonctionnement impossible par le flot continu de notifications. Surtout, ces tsunamis numériques déterminent les sujets en tendance Twitter. En clair, par leurs opérations massives, les Pessi déterminent la hiérarchisation des informations, et donc mettent la main, pour quelques heures, sur la détermination de l’agenda médiatique – car les tendances Twitter sont immensément importantes pour journalistes et politiques : elles indiquent les sujets sur lesquels l’opinion demande réactions et analyses. La quantité des messages leur permet ainsi de faire taire une personnalité à l’échelle micro, de l’invisibiliser, de la « canceller ».  Et à une échelle plus grande, de réaliser des putschs informationnels pour imposer des thématiques.

Les Pessi sont les sbires de la bien-pensance et du progressisme. Ouïghours (Ambassade), lutte contre « l’islamophobie » (Mila et Messiha), contre le sexisme (Darmanin et Ménès) et pour l’immigration (Biden) : le sceau islamo-gauchiste est des plus évidents

Les Pessi sont des militants, des justiciers, des lanceurs d’alerte qui dénoncent publiquement. « Nous sommes un mouvement français sur Twitter qui vise les personnalités politiques, journalistes et célébrités quand elles font de mauvaises choses ou représentent la guerre, la violence, l’injustice » précise l’un d’eux sur Twitter. L’opération est très clairement politique : « L’idée est surtout de faire bouger les choses en faisant passer un sujet parmi les thèmes les plus discutés sur Twitter en France ». Particularité de leurs messages : ceux-ci ne sont jamais ni violents, ni injurieux, ni menaçants, moyen pour les Pessi de ne pas être sanctionnés par Twitter, pour ce qui s‘apparente indubitablement a du cyber harcèlement ou à des intimidations numériques. La teneur des sujets en dit long sur leur coloration idéologique : il faut « atténuer les injustices et inégalités dans le monde ». En clair, les Pessi sont les sbires de la bien-pensance et du progressisme. Ouïghours (Ambassade), lutte contre « l’islamophobie » (Mila et Messiha), contre le sexisme (Darmanin et Ménès) et pour l’immigration (Biden) : le sceau islamo-gauchiste est des plus évidents.

Une dernière question se pose : qui sont les individus derrière ces opérations ? Le surnom « akhi » et les références au rap, la culture foot/survet’ et le vocabulaire issu du basketball américain laissent à penser que ce sont des chances pour la France qui sont à l’origine du mouvement. Jean Messiha, au moment d’expliquer pourquoi il devait suspendre son compte, n’a d’ailleurs pas pris de pincettes, parlant de « bots de la diversité islamisée de France et du Maghreb ». La problématique du sexisme laisse pourtant à penser que les banlieues islamisées, à l’origine du mouvement, ont été rejoints par la gauche bien-pensante. Un reportage de Quotidien sur le phénomène incline d’ailleurs dans ce sens : y témoignent de jeunes lycéens/étudiants qui n’ont pas même 20 ans et qui agissent par sincère soif de justice. Dans les faits, de jeunes gauchistes benoît-hamonisées qui, ayant adopté la doxa bien-pensante comme grille de lecture, veulent lutter contre toutes les haines au nom d’un sentiment de justice universel, ont donc grossi les troupes de la diversité. Convergence des luttes, qu’Anne Hidalgo et Audrey Pulvar doivent applaudir des deux mains. Les islamistes aussi.

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