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Scénariste à succès pour la télévision avec Braquo et pour le cinéma avec Un Prophète et le diptyque sur Mesrine, Abdel Raouf Dafri s’attaque à l’un des grands traumas de notre histoire récente, la guerre d’Algérie, pour son premier film en tant que réalisateur. Verdict ?
Alors qu’il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il était en Indochine, le colonel Paul Andreas Breitner se voit contraint de traverser une Algérie en guerre, à la recherche de son ancien officier supérieur?: le colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière aux mains des rebelles. Dès l’ouverture, le métrage montre que le talent du scénariste Abdel Raouf Dafri ne s’est pas perdu lors de son passage à la réalisation.
Des trognes de cinéma, un décor du western et un parfum de testostérone?: tous les ingrédients sont là. Du cinéma de genre, du vrai, qui transpire et qui saigne?; et un authentique sujet miné, la guerre d’Algérie, abordé sans pincettes. L’écriture, sèche et carrée, transpire de références. « Quand on va à la guerre et qu’on perd, on n’enlève pas sa chemise devant des hommes pour pleurer », explique Breitner à son ennemi. Dafri, lui, ne l’enlève pas. Il fonce tête baissée tel un boxeur sur le ring et n’esquive pas. C’est son défaut et sa qualité.
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Il a bossé son sujet et le restitue sans manichéisme et avec poigne, peut-être trop. Comme tout premier film, il souffre d’imperfections. Si l’interprétation est inégale (Heldenbergh est très juste, Gourmet trop lourd), les coutures parfois trop visibles et la caméra, par séquence, imprécise, Dafri assume néanmoins une vraie dramaturgie. Un cinéma ambitieux où l’impétuosité du réalisateur l’emporte. Un parti-pris si rare dans le cinéma français qu’il en devient un atout décisif.
Qu’un sang impur…
D’Abdel Raouf Dafri
Avec Johan Heldenbergh, Linh-Dan Pham, Olivier Gourmet
Par Arthur de Watrigant
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