Raskar Kapac n°10 : quand la momie se fait seppuku

Sous le signe de la momie de Tintin et dans l’écho d’Artaud, la gazette inflammable Raskar Kapac sort son dixième numéro, consacré au grand Mishima, à présent distribuée par les éditions du Rocher.

 

Menée par de fringants et ardents jeunes gens, la revue Raskar Kapac continue d’élaborer, numéro après numéro, une espèce de contre-Panthéon, alignant figures altières, subversives, héroïques, comme autant de modèles alternatifs au formatage contemporain dans le médiocre et la tiédeur. Huguenin et Nietzsche, Corto Maltese ou Henry de Monfreid, ou encore Maurice Ronet, autant de professeurs d’énergie qui désignent des horizons plus vastes, plus hauts, plus exaltants que ceux proposés par l’époque, lesquels ne peuvent inspirer que révolte et mépris lorsqu’on a dans le corps, comme le formulait Jünger, « la demi-bouteille de champagne manquante ». Le numéro 10 contient, en sus de plusieurs chroniques, son lot de textes nerveux, enlevés, baroques, autour du kamikaze de la beauté, Yukio Mishima, génie radical et flamboyant qui, en 1970, s’ouvrit le ventre pour protester contre le fait que le Japon perde son âme. Pas franchement Foenkinos, tout ça. Et c’est bien ce qui est rassurant. Comme est également rassurante cette profusion de nouvelles revues littéraires en pleine ère d’Internet, qu’on pense, par exemple, à la nouvelle venue Idiocratie, dont le premier numéro a été publié il y a quelques mois ; ou la poursuite, saison après saison, de l’excellente revue Livr’arbitres dont la publication du 25e numéro, consacré à Michel Mohrt, sera fêtée vendredi 23 mars prochain – parce que c’est aussi dans ces marges lumineuses et sauvages que s’invente l’esprit de demain.

 

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redaction2@lincorrect.org

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