Robert Ménard : « La droite dont je rêve est libérale identitaire »



Pour une droite du réel aurait pu s’appeler Oz tes doutes. Robert Ménard cite Albert Camus: « S’il existait un parti de ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir raison, j’en serais. » Entre la « droite de la droite » et lui, c’est « je t’aime moi non plus ». Vous avez des mots sévères à l’égard de ce que vous appelez « la droite naphtaline » à laquelle, écrivez-vous, il vous est « insupportable d’être assimilé ». De quoi – ou de qui – parlez-vous ? Il ne s’agit pas de montrer du doigt tel ou tel – cela n’a aucun intérêt – mais simplement de dire à tous ceux qui rêvent de retrouver la France en noir et blanc des années 1950 que cette France-là est derrière nous, définitivement derrière nous. Qu’il nous faut, aujourd’hui, imaginer une France qui, tout en conservant ses racines, sache en même temps – oui, en même temps… – se tourner vers l’avenir. D’aucuns parleraient d’« archéofuturisme »… La droite serait donc passéiste ? Il nous faut cesser d’apparaître comme une bande de vieux schnocks qui ne voudraient qu’une chose : que rien ne change. Un exemple : si nous avons toutes les raisons de mettre en cause Mai 68 et ses conséquences, en matière d’identité notamment, il me semble stupide d’idéaliser la France d’avant Mai 68. Une France qui, pour l’avoir vécue, ne me fait pas rêver ! Cessons, en idéalisant des époques révolues, de nous ringardiser. Vous croyez vraiment que c’est audible pour nos enfants ? Je ne le crois pas. Je m’interroge toujours sur le fait que tant de jeunes gens – et parmi les plus brillants – une fois leurs études terminées, partent pour la Grande-Bretagne, les États-Unis ou l’Australie. Comment se fait-il que nous soyons incapables de les retenir chez nous ? Qu’est-ce qui fait que notre pays, leur pays, ne les séduit plus ? C’est sur tout cela que la droite doit s’interroger. C’est ce défi là qu’elle doit remporter, en étant porteuse d’un projet suffisamment attrayant pour que nos jeunes gens restent ici, qu’ils aient envie de participer à un projet commun. C’est un peu comme si on laissait la modernité – même si je déteste ce mot – à Emmanuel Macron. À lui l’avenir, à nous le passé, voilà où nous en sommes ! Comme si nous avions toujours le pied sur la pédale de frein par peur de tout ce qui bouge. Personnellement, je n’ai pas peur de ce qui bouge. Je veux simplement pouvoir faire le tri entre ce que l’on se doit de conserver et ce qui doit changer. Qu’est-ce qui doit changer ? Un laisser-aller en matière de défense de notre identité – ce qui regroupe les questions touchant à l’immigration (et tout reste à faire quand on voit le texte qui vient d’être voté à l’Assemblée…), à l’islam, au terrorisme, pour n’en citer que quelques-unes – et un interventionnisme étatique dans les affaires économiques et sociales. Si je devais définir la droite dont je rêve, je la qualifierais (…) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Journaliste

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