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Saïd Oujibou, un pasteur qui a la rage

En mars, l’Institut européen pour le droit et la justice (ECJL) dévoilait les persécutions subies par les musulmans convertis au christianisme en France. Saïd Oujibou, musulman converti au protestantisme et devenu pasteur, en a fait le combat de sa vie. Il nous raconte ce qui arrive à ceux qui quittent l’islam pour le Christ, et réclame le réveil des institutions politiques et religieuses.

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© Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

Quelle est la situation des musulmans qui se convertissent au christianisme en France ?

« Coraniquement », un musulman n’a pas le droit d’abjurer sa foi, et encore moins de se convertir à une autre religion. Cela relève de la loi islamique sur l’apostasie, la « rida ». Chaque musulman se voit inculquer cette notion théologique, qui est appliquée selon le degré d’islamité des familles, mais de manière générale la conversion d’un fils ou d’une fille au christianisme est un scandale. Le converti subit alors une persécution qui peut être mentale, psychologique voire physique, même en France. La plupart du temps, ces persécutions concernent les femmes, qui représentent 70 % des conversions : ce sont elles qui subissent le plus de violences physiques. On peut aller jusqu’à les ramener en Afrique du Nord, confisquer leurs papiers et les marier de force. Rien de neuf, puisque la loi islamique se considère au-dessus des lois de la République. Et la loi « contre le séparatisme » n’y changera rien : les musulmans mettent en place une stratégie d’adaptation, de grignotage et un double discours.

J’aide par exemple la fille d’un imam qui s’est convertie et qui est tétanisée à l’idée de l’annoncer à son père. Elle a malgré tout fait part de sa conversion à sa mère, aux yeux de qui elle n’est désormais plus qu’une traînée, une moins que rien. Elle a reçu le message suivant : « Tes vêtements sont dans un sac en plastique et ils sont humides ». Traduction : « On se débarrasse de toi et on s’en lave les mains ».

Lire aussi : Quitter l’islam, risquer la mort

Jusqu’où peuvent aller ces violences physiques, notamment envers les filles ?

Elles sont défigurées, en ressortent avec des fractures, des bleus apparents. Avec toute la culture nord-africaine et la pression communautaire, elles subissent un déchaînement de violence. Sans parler des mariages forcés au pays qui aboutissent évidemment à des viols. Ce sont les filles qui subissent le plus, parce qu’elles sont moins bien traitées de manière générale dans l’islam – ce qui explique d’ailleurs qu’elles se convertissent plus. Un homme musulman aura toujours plus de liberté qu’une femme, même si ça ne le protège pas complètement des persécutions. J’ai en tête le cas d’un jeune homme que l’on a drogué, et qui s’est réveillé au Maroc avec des marabouts et des sorciers essayant de le « sortir » du christianisme. [...]

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