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Saint Nunzio Sulprizio

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Publié le

5 mai 2020

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Nunzio Sulprizio (Pescosansonesco 1817 – Naples 1836), fêté le 5 mai, enfant esclave et martyr, a eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être saint.

 

Une vie tellement merdique à vrai dire qu’elle m’ôte toute envie de rire. Né et baptisé le 13 avril 1817, Nunzio est orphelin de père à trois ans, de mère à six et de grand-mère à neuf. L’amour reçu de gens pauvres, humbles et pieux, confiants en la Miséricorde, pousse Nunzio à ne désirer qu’une seule chose : la sainteté. L’enfant prie tous les jours, il va à la messe et est scolarisé dans l’école paroissiale où sa dévotion envers la Vierge Marie et son amour de Jésus grandissent.

En 1926, Nunzio est envoyé travailler chez son oncle forgeron, Domenico Luciani. Un bourreau alcoolique, méchant et cruel. Domenico exploite l’enfant, lui fait porter de lourdes charges, frapper le métal, actionner les soufflets de forge, douze heures par jour, parfois sans boire ni manger s’il estime que Nunzio n’a pas assez forcé. Le soir, l’orphelin, au lieu de dormir, effectue des livraisons dans les villages alentours, pieds nus, en été, en hiver. Vêtu de haillons, Nunzio mendie son pain pour trouver la force de tenir debout et de travailler comme une bête. Le soufre-douleur reçoit en plus les insultes et les coups de Domenico.

 

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La souffrance et la douleur. Il n’y a que cela dans la vie de l’enfant: les gifles, les coups de poings, de pieds, de barre de fer, les marteaux, les crachats. Nunzio subit tout de la part de son oncle et des autres ouvriers. Un jour d’hiver, le petit esclave au corps émacié charrie comme à l’habitude du fer sur son dos cassé, toujours pieds nus. Il a tellement mal, les pieds ensanglantés et brûlants de fièvre dans la neige que lorsqu’il rentre blessé au soir, il ne peut plus se relever. Une jambe est enflée, purulente. Non content de ne lui prodiguer aucun soin, le méchant oncle oblige Nunzio à retourner à la forge. S’il ne peut ni marcher, ni battre le fer, il actionne le soufflet, attaché à un poteau, toute la sainte journée.

Là, Domenico assouvit plus aisément sa cruauté, écrasant le pied du pauvre martyr en guise de passe-temps. La gangrène s’accroît et pour tenter de laver cette plaie putréfiée, Nunzio appuyé sur sa béquille branlante boite jusqu’à une source excentrée après que les femmes l’ont chassé à coup de pierres de la fontaine du village. Et pendant tout ce temps, six ans de martyre et d’esclavage, le pauvre orphelin est maltraité et personne ne dit rien. Pas même Nunzio qui ne se plaint jamais. Content et gentil avec tout le monde, Nunzio répète: « Je veux devenir un saint, un grand saint en peu de temps ». De fait, jamais triste ni seul, Nunzio ne souffre pas. Nunzio offre la soufrance. C’est une sacrée nuance que celle de l’offrande.

 

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Il est avec Jésus, dans une longue Passion de six ans. Car là où l’on est seul, au pire de l’abandon et de la douleur, il y a Jésus-Christ aussi. Transformé en crucifix vivant, pendant les coups, les insultes et les blasphèmes, Nunzio médite les mystères douloureux, chaque coup de fouet, chaque minute passée par Le Seigneur sur le bois. Lors de ses épuisantes livraisons, chargé comme un âne, il refait le long chemin de Croix. À la troisième, septième et neuvième station, Nunzio se relève seul. Il continue de porter sur ses épaules décharnées le péché du monde, en tout cas celui de son oncle et de tous ceux qui font semblant de ne rien voir.

Il est à cet endroit où l’on offre la souffrance pour le Salut du monde, avec Jésus et tous les autres martyrs, dans la communion des Saints. Dans cet enfer quotidien porte du Paradis, Nunzio est avec les millions de petits esclaves européens du XIXe siècle et avec tous ceux d’aujourd’hui. Enfn, en 1832 un oncle paternel est averti. Le caporal Sulprizio récupère après six années de sévices une âme restée pure et joyeuse dans un corps brisé. Malgré des soins dans les meilleurs hôpitaux de Naples et l’amputation de sa jambe, la gangrène s’étend et Nunzio est atteint d’un cancer des os.

 

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Il fait sa première communion et dès lors il passe son agonie entre les soins spirituels aux malades, la prière et l’enseignement du catéchisme aux enfants. Cloué au lit, le 5 mai 1836, après les derniers sacrements, le sourire aux lèvres il ferme les yeux en disant: « Regardez comme la Sainte Vierge est belle ». Canonisé en 2018, saint Nunzio est le patron des apprentis et des handicapés.

 

Par Élodie Pérolini

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